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Le volcan sous le lac Laacher See est différent de ce à quoi on s’attend

by Thomas Caron

Publié le 26 décembre 2025 à 04h49. Une étude approfondie menée dans l’Eifel allemande révèle des informations surprenantes sur les volcans endormis de la région, notamment la forme et la profondeur de la chambre magmatique sous le lac Laacher.

  • Des chercheurs ont cartographié avec précision le sous-sol volcanique de l’Eifel grâce à un réseau dense de 500 capteurs sismiques et 64 kilomètres de fibres optiques.
  • La chambre magmatique sous le lac Laacher s’étend jusqu’à une profondeur de 10 kilomètres et présente une inclinaison inattendue.
  • Plus d’un millier de microséismes ont été enregistrés dans la région en un an, suggérant une activité souterraine persistante.

Au cœur du paysage idyllique de l’Eifel, des centaines de volcans sont restés silencieux pendant des millénaires. Ces volcans, typiques des champs volcaniques dits distribués, rappellent que la région est loin d’être géologiquement morte. Il y a 13 000 ans, l’un de ces volcans était responsable de l’éruption dévastatrice du lac Laacher. Aujourd’hui, une équipe de recherche internationale a entrepris d’étudier de plus près cette zone et a découvert que le réservoir magmatique sous le lac Laacher est bien différent de ce que l’on pensait.

Entre l’automne 2022 et l’été 2023, des géologues du centre de géorecherche GFZ Helmholtz, en collaboration avec des partenaires allemands et luxembourgeois, ont déployé plus de 500 capteurs sismiques dans l’Eifel. En complément, ils ont utilisé un câble à fibre optique de 64 kilomètres de long comme instrument de mesure extrêmement sensible. Les signaux lumineux dans la fibre réagissent même aux plus infimes vibrations et aux variations de température de l’environnement.

Cette densité de points de mesure, parfois espacés de moins de deux kilomètres, a permis pour la première fois d’observer avec une précision inégalée le sous-sol de ce paysage volcanique allemand. Le professeur Torsten Dahm (GFZ), à la tête du projet, et son équipe parlent d’une expérience « Large-N », en raison du nombre exceptionnellement élevé de capteurs utilisés.

L’analyse des données a révélé que le réservoir de magma, qui a alimenté l’immense éruption du lac Laacher il y a 13 000 ans, s’étend jusqu’à une profondeur de 10 kilomètres – plus bas que ce que les experts estimaient auparavant. Auparavant, les chercheurs ne pouvaient déterminer indirectement les dimensions et l’emplacement de cette chambre souterraine qu’à partir des dépôts de cendres près de Mendig.

Mais ce n’est pas tout : les données sismiques montrent que le réservoir ne s’étend pas verticalement en profondeur, mais est incliné selon un certain angle. Il descend vers le bassin de Neuwied – précisément là où se concentrent la plupart des petits tremblements de terre enregistrés par le réseau de mesure.

L’étude a permis de localiser avec précision plus d’un millier de microséismes en douze mois. La majorité de ces secousses mineures se sont produites dans une zone verticale étroite entre Ochtendung et le lac Laacher. Des regroupements de tremblements de terre ont également été observés à la limite des zones où les ondes sismiques se propagent différemment de la roche environnante, ce qui pourrait indiquer des températures plus élevées.

« On ne sait pas encore s’il s’agit de magma ou de fluides magmatiques. »

« Les fortes réflexions des ondes sismiques aux limites des couches de la croûte supérieure et inférieure sous le bassin de Neuwied sont également inhabituelles », explique le professeur Dahm. « La force des réflexions indique qu’il y a accumulation de fluides dans ces couches, qu’il s’agisse de magma ou de fluides magmatiques. Cela reste à clarifier et nécessitera des méthodes d’évaluation plus poussées », précise le responsable du projet.

Les résultats de cette étude d’envergure constituent une base solide pour une évaluation plus précise des processus volcaniques dans l’Eifel à l’avenir. L’équipe de recherche a publié ses conclusions dans trois revues scientifiques : Seismica, Journal of Geophysical Research : Terre solide et Revue géophysique internationale. Des analyses complémentaires permettront désormais de mieux comprendre la nature des substances accumulées dans la croûte terrestre et l’importance de l’inclinaison du réservoir magmatique pour d’éventuels événements volcaniques futurs. (Source : GFZ)

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