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Rechercheurs Proposent Peinture Ultra-Noire Pour Limiter Pollution Lumineuse des Satellites

by Thomas Caron
Rechercheurs proposent une peinture ultra-noire pour limiter la pollution lumineuse des satellites

Rechercheurs proposent une peinture ultra-noire pour limiter la pollution lumineuse des satellites

Des scientifiques de l’Université de Surrey, au Royaume-Uni, ont développé un revêtement ultra-noir destiné aux constellations de satellites en orbite basse afin de réduire leur impact sur l’observation du ciel nocturne. Ce dispositif, nommé Vantablack® 310, vise à atténuer la luminosité des engins spatiaux qui perturbe actuellement les travaux des astronomes.

Un obstacle croissant pour l’astronomie

La prolifération des satellites en orbite basse crée une pollution lumineuse significative. Le reflet de la lumière solaire sur les surfaces des engins spatiaux génère des traînées brillantes et des flashs qui interfèrent avec les observations télescopiques et les relevés à grande échelle du ciel. Selon les sources, ce phénomène rend plus difficile la détection d’objets peu lumineux, tels que des astéroïdes ou des galaxies lointaines.

Cette gêne affecte aussi bien les astronomes amateurs que les professionnels utilisant les télescopes les plus puissants du monde. Même les observatoires spatiaux, bien qu’ils orbitent également autour de la Terre, sont impactés par cette luminosité. L’enjeu est d’autant plus critique que les projets actuels prévoient le lancement de plus de 1,7 million de satellites. À terme, le nombre d’engins pourrait être multiplié par 10 ou 20 d’ici quelques décennies, avec des générations de satellites potentiellement plus grands et plus puissants, à l’image des derniers modèles de Starlink.

Les propriétés techniques du Vantablack 310

Le Vantablack 310, développé par Surrey NanoSystems (une société issue de l’Université de Surrey), est constitué d’un matériau dont les propriétés optiques sont exceptionnelles. Selon l’étude publiée le 1er juillet dans la revue Monthly Notices of the Astronomical Society, ce revêtement ne reflète qu’environ 2 % de la lumière reçue.

Outre sa capacité à absorber la quasi-totalité de la lumière, le dispositif présente des caractéristiques spécifiques :

  • Diffusion de la lumière : Le peu de lumière réfléchie l’est de manière extrêmement diffuse, ce qui limite les flashs lumineux.
  • Indépendance de l’angle : Sa morphologie permet de ne pas refléter la lumière, quel que soit l’angle de vision.
  • Résistance spatiale : Le matériau est conçu pour être durable face au vide spatial et possède un poids extrêmement léger.

Résultats des simulations et perspectives de test

L’équipe de recherche a mesuré la réflexion de la lumière du Vantablack 310 sous diverses conditions d’éclairage et de vision en laboratoire. Ces données ont ensuite permis de simuler l’apparence d’une surface satellitaire recouverte de ce matériau vue depuis le sol. Les simulations indiquent que le revêtement rend les surfaces nettement plus ternes, se rapprochant de la limite de luminosité recommandée par l’Union Astronomique Internationale pour protéger les observations.

Résultats des simulations et perspectives de test

Astha Chaturvedi, chercheuse et auteure principale de l’étude, souligne que ces choix de matériaux pourraient faire une différence significative sans nécessiter de modifications majeures dans la conception des missions. Pour l’heure, le dispositif a été testé en laboratoire avec des résultats satisfaisants. L’équipe espère prochainement organiser une mission de démonstration en orbite, possiblement via le satellite Jovian-1, développé dans le cadre d’un projet étudiant.

Une solution partielle face à la saturation orbitale

Bien que prometteur, le Vantablack n’est pas considéré comme une solution miracle. Si le revêtement réduit la visibilité optique, il ne règle pas le problème des ondes émises par les satellites, qui commencent à perturber les radiotélescopes. De plus, les chercheurs admettent qu’un nombre trop important de satellites restera problématique pour les observations astronomiques, quelle que soit la réduction de leur luminosité.

Le Dr Noelia Noël, maîtresse de conférences en astrophysique à l’Université de Surrey, a précisé que ce travail permet de passer de l’identification du problème à l’élaboration de solutions pratiques et fondées sur des preuves, fruit d’une collaboration entre l’astrophysique, l’ingénierie et l’industrie.

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