Publié le 27 décembre 2025 10:14:00. Une étude internationale révèle un mécanisme inédit de mort neuronale lié à une mutation génétique rare chez l’enfant, ouvrant de nouvelles perspectives pour la compréhension de maladies neurodégénératives comme Alzheimer et Parkinson.
- Une mutation génétique extrêmement rare provoque la mort des neurones par un processus appelé ferroptose.
- Les chercheurs ont identifié un lien entre ce mécanisme et des processus observés dans des maladies neurodégénératives plus courantes.
- L’étude, coordonnée par le centre de recherche Helmholtz Munich, pourrait ouvrir la voie à de nouvelles thérapies.
Des chercheurs ont mis en lumière un processus de destruction neuronale jusqu’alors méconnu, déclenché par une mutation génétique exceptionnellement rare observée chez des enfants. Cette découverte, publiée dans la revue Cell, pourrait avoir des implications majeures pour la compréhension et le traitement de maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson et la maladie de Huntington.
Bien que la démence soit généralement associée au vieillissement, il existe des formes pédiatriques rares, liées à plus de 100 maladies génétiques différentes. L’étude de ces cas complexes fournit des informations cruciales sur les mécanismes de la neurodégénérescence, selon News.ro.
L’équipe du centre de recherche allemand Helmholtz Munich a mené des expériences sur une mutation génétique ultra-rare, associée à une neurodégénérescence sévère chez l’enfant. Ces travaux ont révélé que les mutations d’un seul gène provoquent, chez la souris, une inflammation progressive et la mort des neurones. Des observations similaires ont été faites sur des cellules cérébrales humaines cultivées en laboratoire, obtenues à partir de cellules cutanées de patients porteurs de la même mutation.
Le mécanisme identifié est celui de la ferroptose, une forme spécifique de mort cellulaire programmée déclenchée par l’accumulation de fer et des dommages oxydatifs à la membrane cellulaire. L’analyse des protéines exprimées par les neurones a montré que ce processus est comparable à ceux déjà décrits dans le contexte de la démence, et des études récentes ont établi un lien entre la ferroptose et la maladie d’Alzheimer. La maladie d’Alzheimer.
La maladie génétique étudiée est la dysplasie spondylométaphysaire sédaghatienne (SSMD), une affection extrêmement rare caractérisée par de graves anomalies du cerveau et du squelette. Décrite pour la première fois en 1980, elle a été officiellement signalée dans seulement quelques dizaines de cas, la plupart ayant entraîné le décès d’enfants dans les premiers mois de leur vie.
Le séquençage génomique a révélé que la SSMD est liée à des mutations du gène codant pour l’enzyme GPX4, considérée comme un protecteur contre la ferroptose, car elle protège les membranes cellulaires des dommages oxydatifs. Selon Marcus Conrad, directeur de l’Institut du métabolisme et de la mort cellulaire à Helmholtz Munich :
« Normalement, l’enzyme GPX4 s’ancre dans la membrane cellulaire et neutralise rapidement les peroxydes lipidiques au fur et à mesure de leur formation. Dans le cas de la mutation étudiée, cette ‘ancre’ manque et l’enzyme ne peut plus remplir sa fonction protectrice. »
Marcus Conrad, directeur de l’Institut du métabolisme et de la mort cellulaire à Helmholtz Munich
Les neurones cultivés en laboratoire à partir de cellules souches de patients atteints de SSMD se sont avérés particulièrement vulnérables à la ferroptose. Le blocage de ce processus, à l’aide d’un composé chimique utilisé expérimentalement chez la souris et en culture cellulaire, a ralenti la mort neuronale. Il est important de noter que ces substances ne sont pas encore approuvées pour un usage clinique.
La recherche sur la démence s’est longtemps concentrée sur les dépôts de protéines dans le cerveau, comme les plaques bêta-amyloïdes. Cette étude met en évidence les dommages à la membrane cellulaire comme un événement initial de la dégénérescence neuronale. Les auteurs soulignent que l’établissement du lien entre une caractéristique structurelle d’une enzyme et une maladie humaine grave a nécessité près de 14 années de recherche, soulignant l’importance du financement à long terme de la recherche fondamentale et de la collaboration internationale.
Des recherches supplémentaires sur la démence sont en cours pour explorer ces nouvelles pistes thérapeutiques.