Publié le 29 décembre 2025 05:18:00. Un an après avoir fui la Syrie, l’ancien président Bachar el-Assad vit désormais dans le luxe en Russie, protégé par Vladimir Poutine. Cette situation pourrait bien être le destin partagé avec Nicolás Maduro, dont le régime chaviste a toujours soutenu son homologue syrien, malgré les accusations de crimes de guerre.
- Bachar el-Assad, ancien président syrien, vit en exil en Russie depuis un an.
- Le régime de Nicolás Maduro au Venezuela a apporté son soutien à Bachar el-Assad, notamment lors de l’élection contestée de mai 2021.
- Des preuves d’atrocités commises par le régime d’el-Assad sont documentées et pourraient conduire à des poursuites judiciaires.
L’exil doré de Bachar el-Assad, qui a quitté la Syrie en décembre dernier, contraste fortement avec le chaos et la destruction qui ravagent son pays depuis le début de la guerre civile en mars 2011. Selon le journal allemand Die Zeit, cité par l’agence de presse EFE, el-Assad réside désormais avec sa famille dans un complexe luxueux à Moscou et bénéficierait même d’une maison de campagne dans la région moscovite. Cette protection, justifiée par Moscou pour des raisons « purement humanitaires », masque en réalité une complicité et une poursuite d’intérêts stratégiques.
En mai 2021, Nicolás Maduro avait félicité Bachar el-Assad pour sa réélection, qualifiée de « victoire gigantesque » par le chef du régime chaviste. Il avait alors déclaré :
« Les ennemis de la paix en Syrie ont été assommés avec cette gigantesque victoire. »
Nicolás Maduro, chef du régime chaviste
Le régime de Caracas a insisté sur le fait que ni la guerre, ni les sanctions économiques n’avaient empêché cette « victoire populaire ». Cependant, cette élection, où el-Assad a obtenu 95,1 % des voix, a été largement dénoncée par la communauté internationale.
Cette mascarade électorale avait été orchestrée avec la participation de candidats d’opposition tolérés par le régime, tels que Mahmud Marai et Abdullah Salloum Abdullah, ancien vice-ministre des Affaires parlementaires se présentant comme un candidat « indépendant ». Cette situation rappelle la complicité de divers acteurs, dont le Kremlin et l’Iran, qui ont contribué à prolonger la souffrance du peuple syrien pendant plus de trois ans.
Ce qui avait débuté en 2011 comme une branche du Printemps arabe, avec des manifestations pacifiques réclamant démocratie et liberté, s’est rapidement transformé en un conflit civil d’une brutalité sans précédent. Des atrocités comparables à celles de la Seconde Guerre mondiale ont été commises, faisant de la Syrie l’un des pires enfers du XXIe siècle. Tout cela, selon les détracteurs du régime, parce qu’un dirigeant a préféré s’accrocher au pouvoir au détriment de son peuple.
Des archives détaillées, contenant des documents clandestinement extraits de Syrie, témoignent des atrocités commises par les forces répressives d’el-Assad. L’impunité de l’ancien dictateur syrien pourrait cependant être remise en question, et il est possible qu’il soit un jour traduit en justice. Mohamed Cuma, un étudiant d’Alep exilé à Istanbul, résume l’état d’esprit de nombreux Syriens :
« De toute façon, il finira en enfer ! »
Mohamed Cuma, étudiant d’Alep exilé à Istanbul
Cette « malédiction » pourrait également s’étendre aux complices internes et externes du régime, accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
L’appui indéfectible de Maduro à el-Assad, illustré par son soutien à une élection frauduleuse, pourrait le conduire, ironiquement, à devenir le voisin de son allié syrien en Russie, notamment en raison de ses propres difficultés politiques et de sa lutte avec l’administration Trump.