Publié le 2024-02-29 10:00:00. Une étude menée par le Trinity College de Dublin révèle que le programme national irlandais de dépistage du cancer du col de l’utérus, CervicalCheck, a permis d’éviter plus de 5 500 cancers depuis son lancement en 2008. Ces résultats soulignent l’efficacité cruciale de la prévention dans la lutte contre cette maladie.
- Le programme CervicalCheck a permis d’éviter plus de 5 500 cancers du col de l’utérus en Irlande entre 2008 et 2022.
- Malgré une augmentation des taux de cancer du col de l’utérus depuis 1994, ces derniers semblent désormais en baisse, en parallèle avec la croissance démographique du pays.
- Les chercheurs ont utilisé la modélisation mathématique pour estimer l’impact du programme, en tenant compte des cancers qui n’auraient pas développé en l’absence de dépistage.
L’efficacité du programme irlandais de dépistage du cancer du col de l’utérus est désormais quantifiée grâce à une recherche approfondie menée par des scientifiques du Trinity College de Dublin (TCD). L’étude, publiée ce mois-ci dans la revue European Journal of Public Health, démontre que CervicalCheck a eu un impact significatif sur la santé des femmes irlandaises.
Selon les chercheurs, le programme a « évité plus de 5 500 cancers en Irlande, qui autrement seraient survenus au cours de la vie des femmes dépistées ». Cette conclusion est basée sur une analyse complexe utilisant des modèles mathématiques pour estimer le nombre de cancers qui n’ont pas développé grâce au dépistage.
« L’une des ironies des interventions de santé publique réussies est que, lorsqu’elles fonctionnent bien, leurs bénéfices sont souvent invisibles : avec le dépistage du col de l’utérus et la vaccination contre le VPH, nous ne voyons pas les cancers qui sont évités »
Porte-parole du TCD
David Robert Grimes, co-auteur principal de la recherche et professeur adjoint en biostatistique à l’Institut de santé des populations de l’École de médecine du TCD, explique la méthodologie employée : « Nous ne pouvons pas mesurer des choses qui ne se sont pas produites, mais nous pouvons appliquer une modélisation mathématique pour voir ce qui se serait probablement passé si le dépistage n’avait pas existé. Cela nous permet de quantifier les avantages du dépistage en général et d’appliquer ce modèle à la population irlandaise. »
Le professeur Grimes souligne l’importance de cette approche contrefactuelle : « Pour répondre à la question de savoir combien de cancers tout au long de la vie le dépistage permet de prévenir, nous devons poser une question contrefactuelle : s’il n’y avait pas eu de dépistage, comment les choses se seraient-elles passées pour les femmes présentant des anomalies cervicales ? Il s’agit d’une sombre « et si », mais en utilisant des techniques mathématiques et en comprenant la progression de l’infection par le VPH vers des anomalies cervicales jusqu’au cancer, nous pouvons répondre à cette question. »
L’étude révèle également une tendance encourageante : bien que les taux de cancer du col de l’utérus aient augmenté en Irlande depuis 1994, ils semblent désormais diminuer, malgré l’augmentation de la population. Ce recul est attribué en grande partie à l’efficacité du programme CervicalCheck et à la vaccination contre le virus du papillome humain (VPH).
« Les interventions de santé publique comme le dépistage et la vaccination sont trop souvent victimes de leur propre succès, car lorsqu’elles fonctionnent, leurs victoires sont largement invisibles. »
Professeur David Robert Grimes
Cette nouvelle analyse confirme donc l’efficacité du dépistage du cancer du col de l’utérus et souligne l’importance de maintenir et de renforcer le programme national irlandais.