Publié le 30 décembre 2025 à 19h03. Des troubles du sommeil fréquents, notamment un décalage des rythmes biologiques, pourraient expliquer en partie les difficultés d’attention et d’impulsivité associées au trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).
La perte chronique de sommeil peut mimer certains symptômes du TDAH, comme l’impulsivité et la difficulté à se concentrer. Une étude révèle que près de 78 % des personnes atteintes de TDAH souffrent également d’un trouble appelé trouble de la phase veille-sommeil retardée (TPVSR).
Le TPVSR se caractérise par une tendance à s’endormir et à se réveiller beaucoup plus tard que la moyenne. « Les personnes atteintes de TPVSR ne sont pas simplement des lève-tard, explique le Dr Christopher Fahey, spécialiste du sommeil à Advocate Health Care. Elles rencontrent des difficultés personnelles, professionnelles ou scolaires en raison de leur incapacité à s’adapter à un horaire de sommeil conventionnel. Elles ont généralement du mal à s’endormir et se sentent fatiguées pendant la journée. »
Les personnes atteintes de TDAH sont particulièrement susceptibles de souffrir de troubles du sommeil. Elles présentent également un risque accru de développer d’autres problèmes, tels que l’apnée obstructive du sommeil, le syndrome des jambes sans repos et d’autres troubles du rythme circadien .
Il est important de distinguer le TPVSR de l’insomnie. « L’insomnie chronique implique des difficultés à s’endormir, à rester endormi, ou une combinaison des deux, pendant au moins trois mois », précise le Dr Fahey. « Les patients atteints de TPVSR s’améliorent lorsque leurs heures de sommeil correspondent à leurs rythmes circadiens. Les patients souffrant d’insomnie chronique ont des difficultés à s’endormir, quelle que soit l’heure à laquelle ils essaient. »
Plusieurs facteurs peuvent expliquer la forte prévalence du TPVSR chez les personnes atteintes de TDAH :
- La privation chronique de sommeil peut exacerber les symptômes du TDAH, tels que l’inattention, l’impulsivité et la distractibilité.
- Un décalage entre les cycles de lumière et d’obscurité peut perturber le sommeil et augmenter le stress sur le système nerveux, affectant le développement et la connexion des cellules nerveuses.
- Des facteurs génétiques pourraient prédisposer au développement du TPVSR et du TDAH.
« Le TDAH peut entraîner des comportements qui favorisent le TPVSR », ajoute le Dr Fahey. « Par exemple, les personnes atteintes de TDAH peuvent avoir besoin de rester éveillées plus tard pour terminer leurs tâches, consommer davantage de caféine pour rester concentrées, ou abuser des écrans le soir, ce qui retarde l’endormissement et le réveil. »
La prise en charge du TPVSR, avec ou sans TDAH, peut inclure des approches pharmacologiques et non pharmacologiques. Le Dr Fahey souligne toutefois qu’une thérapie doit être mise en place en collaboration avec un spécialiste du sommeil afin de garantir la sécurité et l’efficacité des stratégies pour chaque individu.
Voici quelques conseils supplémentaires :
- Adoptez de bonnes habitudes de sommeil. Fixez-vous une heure de coucher et de lever régulière et essayez de ne pas la décaler de plus de 30 minutes. Évitez les activités stimulantes au moins deux heures avant le coucher, ainsi que la caféine, l’alcool et la nicotine.
- Envisagez une supplémentation en mélatonine à faible dose. La mélatonine peut aider à réinitialiser votre rythme circadien si elle est prise au bon moment.
- Exposez-vous intentionnellement à la lumière. Utilisez la luminothérapie le matin pour vous synchroniser avec les cycles naturels de lumière et d’obscurité. Le soir, évitez la lumière vive, en particulier la lumière bleue.