Publié le 2024-02-29 14:35:00. La prise de poids chez les femmes ne commence pas systématiquement avec la ménopause, mais peut se manifester dès la trentaine, en raison de changements métaboliques souvent méconnus. Une endocrinologue de la Mayo Clinic alerte sur l’importance d’une prévention précoce.
- La perte progressive de masse musculaire, débutant dès l’âge de 30 ans, réduit la dépense énergétique et favorise la prise de poids.
- L’accent mis uniquement sur la ménopause peut masquer l’importance d’adopter des stratégies de prévention plus précoces.
- Un mode de vie moderne, caractérisé par une alimentation ultra-transformée et un manque d’activité physique, contribue à cette tendance.
Contrairement à une idée reçue, la prise de poids liée à l’âge chez les femmes n’est pas une conséquence directe de la ménopause. Des recherches récentes, menées notamment à la Mayo Clinic à Jacksonville, révèlent que des changements métaboliques significatifs peuvent se produire dès la troisième décennie de la vie.
L’endocrinologue et spécialiste de l’obésité, Daniela Hurtado-Andrade, explique que, dès l’âge de 30 ans, une perte progressive de masse musculaire s’amorce. Ce processus naturel de vieillissement entraîne une diminution de la dépense énergétique au repos, ce qui, à terme, favorise la prise de poids. Cette tendance, souvent ignorée, est observée dans plusieurs études citées par la Mayo Clinic.
« Les données montrent que la prise de poids commence bien avant l’apparition des changements hormonaux de la ménopause », souligne l’experte. Elle précise que la transition ménopausique tend à accentuer un processus déjà en cours, plutôt que de l’initier.

Cette diminution de la masse musculaire a des conséquences non seulement sur le poids, mais également sur la capacité de l’organisme à réguler la glycémie et à maintenir un métabolisme actif, augmentant ainsi le risque de surpoids et d’obésité à long terme.
À ces changements biologiques s’ajoute l’influence du mode de vie contemporain. Selon Hurtado, la disponibilité constante d’aliments ultra-transformés, riches en sucres et en graisses, combinée à une réduction significative de l’activité physique quotidienne, crée un environnement propice à la prise de poids.
L’utilisation généralisée des technologies, qui réduisent l’effort physique (voitures, ascenseurs, escalators), et l’augmentation du temps passé devant les écrans contribuent à un comportement plus sédentaire, en particulier chez les femmes jeunes et d’âge moyen.

La Mayo Clinic recommande d’anticiper ces changements et d’adopter des habitudes saines avant la périménopause. Hurtado insiste sur le fait que comprendre la base biologique précoce de la prise de poids peut être un facteur clé pour mettre en œuvre des stratégies durables.
Parmi les recommandations, on retrouve l’importance d’une alimentation équilibrée, d’une prise de conscience de ce que l’on consomme et de la reconnaissance des signaux de satiété. « Identifier le moment où le corps est rassasié permet d’éviter une consommation excessive », explique-t-elle.
En matière d’exercice physique, la spécialiste souligne l’intérêt de l’entraînement en force, complété par une activité aérobique régulière (au moins 150 minutes par semaine) et un apport suffisant en protéines. Ces mesures contribuent à préserver la masse musculaire et à soutenir le métabolisme, notamment lors des phases de perte de poids.

Hurtado prévient toutefois que, même si des habitudes saines sont essentielles, elles ne suffisent pas toujours. L’organisme a tendance à défendre ses réserves énergétiques et, face à une restriction calorique, active des mécanismes qui augmentent la sensation de faim et réduisent la dépense énergétique.
C’est pourquoi seule une partie des personnes parvient à maintenir une perte de poids significative grâce à un régime et à l’exercice seul. Dans de nombreux cas, une approche médicale plus globale est nécessaire, incluant éventuellement des traitements pharmacologiques, des procédures bariatriques (chirurgicales ou endoscopiques) et un suivi interdisciplinaire.
La Mayo Clinic plaide pour une redéfinition de l’obésité comme une maladie chronique, et non comme un simple manque de volonté. Hurtado estime que ce changement de perspective permet de réduire la stigmatisation, de faciliter l’accès aux thérapies appropriées et d’améliorer les résultats à long terme.
Reconnaître l’origine biologique et multifactorielle de la prise de poids, conclut la spécialiste, est essentiel pour intervenir plus tôt et plus efficacement, et pour accompagner les patientes avec des stratégies adaptées à chaque étape de leur vie.
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