Publié le 2024-10-27 10:30:00. Longtemps perçue comme une maladie liée à l’âge adulte, l’hypertension artérielle gagne du terrain chez les jeunes, tandis que l’on observe une augmentation inquiétante des accidents vasculaires cérébraux chez les adultes en pleine activité professionnelle.
- L’hypertension artérielle, souvent silencieuse, touche de plus en plus d’enfants et d’adolescents.
- Les facteurs de risque incluent une mauvaise alimentation, le manque d’exercice et le stress.
- Un diagnostic et un traitement précoces sont essentiels pour prévenir des complications graves, notamment cardiaques, rénales et cérébrales.
L’hypertension artérielle, ou pression artérielle élevée, est une condition médicale de plus en plus répandue. Elle se caractérise par une pression excessive du sang contre les parois des artères, les vaisseaux sanguins qui transportent le sang du cœur vers tous les organes du corps. Souvent qualifiée de « tueur silencieux », car elle peut évoluer sans symptômes apparents pendant des années, elle peut néanmoins causer des dommages considérables à l’organisme.
La tension artérielle est mesurée à l’aide d’un tensiomètre, un appareil qui gonfle un brassard autour du bras. La mesure se présente sous la forme de deux chiffres, exprimés en millimètres de mercure (mm Hg). Le chiffre le plus élevé, appelé pression systolique, correspond à la pression lorsque le cœur se contracte pour pomper le sang. Le chiffre le plus bas, la pression diastolique, indique la pression lorsque le cœur se relâche entre deux battements.
Les seuils de diagnostic de l’hypertension artérielle varient selon les pays. Au Royaume-Uni, une tension artérielle se situe dans la plage normale pour les adultes entre 90/60 et 119/79. Une tension artérielle légèrement élevée se situe entre 120/80 et 139/89, et une tension artérielle élevée est de 140/90 ou plus. Aux États-Unis, une lecture entre 130/80 et 139/89 est classée comme hypertension de stade 1, tandis qu’une tension artérielle de 140/90 ou plus correspond à une hypertension de stade 2.
Chez les enfants, le diagnostic est plus complexe car la tension artérielle évolue avec l’âge et la taille. Les médecins ne se basent pas sur des seuils fixes, mais plutôt sur une comparaison avec les valeurs de tension artérielle d’enfants du même âge, de la même taille et du même sexe. L’hypertension est diagnostiquée lorsque la tension artérielle de l’enfant se situe dans les 5 % supérieurs de cette population.
Si l’hypertension artérielle est fréquente chez les personnes âgées – environ un tiers des adultes britanniques et près de la moitié des adultes américains en sont atteints – elle touche de plus en plus de jeunes. L’âge est un facteur de risque important, car les artères ont tendance à se rigidifier et à s’épaissir avec le temps. La génétique joue également un rôle, et les antécédents familiaux sont un élément à prendre en compte. Certaines populations, notamment les personnes d’origine africaine, afro-caribéenne ou sud-asiatique, présentent également un risque accru.
De nombreux facteurs liés au mode de vie contribuent au développement de l’hypertension artérielle : une alimentation déséquilibrée, particulièrement riche en sel ; le surpoids ou l’obésité ; le manque d’activité physique ; le tabagisme ; une consommation excessive d’alcool ; et le stress chronique.
Chez les jeunes enfants, l’hypertension artérielle est généralement secondaire à d’autres problèmes de santé, tels que des malformations cardiaques, des maladies rénales, des troubles génétiques ou hormonaux. Cependant, depuis les années 1990, on observe une augmentation significative des cas d’hypertension artérielle primaire chez les enfants et les adolescents, avec une multiplication par quatre des taux, atteignant désormais 6 %. Cette augmentation est liée à l’adoption de modes de vie malsains, caractérisés par une mauvaise alimentation, un manque d’exercice et une prévalence croissante du surpoids et de l’obésité.
L’hypertension artérielle peut endommager l’organisme pendant des années avant que des symptômes ne se manifestent. Une pression artérielle excessive peut provoquer la formation d’anévrysmes, des renflements dans les parois des artères affaiblies, qui peuvent se rompre et entraîner des complications potentiellement mortelles. Elle peut également affaiblir le cœur, conduisant à une insuffisance cardiaque. De plus, elle endommage la paroi interne des artères, favorisant l’inflammation et la formation de plaques, ce qui réduit leur élasticité et leur diamètre. Cela peut limiter le flux sanguin vers le cœur, provoquant des douleurs thoraciques (angine de poitrine), des troubles du rythme cardiaque et des crises cardiaques.
Les reins sont particulièrement vulnérables aux effets de l’hypertension artérielle. Les vaisseaux sanguins endommagés compromettent leur capacité à filtrer les déchets du sang, ce qui peut nécessiter une dialyse ou une greffe rénale. Les yeux sont également menacés, car les vaisseaux sanguins minuscules peuvent saigner, entraîner une vision floue et, à terme, provoquer la cécité. Une restriction du flux sanguin vers le cerveau, due à des artères bloquées ou rétrécies, peut entraîner une démence vasculaire et des accidents ischémiques transitoires (mini-accidents vasculaires cérébraux), tandis que des caillots sanguins ou des hémorragies provoqués par l’hypertension peuvent entraîner des accidents vasculaires cérébraux majeurs.
L’hypertension artérielle peut également affecter les organes des enfants, notamment le cœur, les reins et les yeux, soulignant l’importance d’un diagnostic et d’un traitement précoces.
Outre les médicaments antihypertenseurs, des changements de mode de vie peuvent contribuer à réduire la tension artérielle. Une alimentation saine, riche en fruits et légumes frais, en produits laitiers faibles en matières grasses et pauvre en sel, est essentielle. Il est recommandé de limiter ou d’éviter les boissons sucrées, de modérer sa consommation d’alcool et d’arrêter de fumer. Le maintien d’un poids santé est également crucial. Il est conseillé de pratiquer au moins une heure d’exercice physique modéré à intense chaque jour et de limiter les activités sédentaires, telles que regarder la télévision ou jouer à l’ordinateur, à moins de deux heures par jour.
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