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classement des épidémies les plus étranges qui ont déconcerté le monde

by Sophie Martin

Publié le 2024-10-27 10:00:00. Au-delà de la COVID-19, l’histoire humaine est jalonnée d’épidémies insolites, parfois aussi déconcertantes que terrifiantes. Retour sur des vagues de contagion méconnues, de la danse frénétique de Strasbourg aux crises de rire incontrôlables en Afrique.

La pandémie de COVID-19 a profondément marqué nos sociétés, nous rappelant que la maladie fait partie intégrante de l’existence humaine, tout comme la mort. Pourtant, si l’on a longtemps cru que les grandes épidémies appartenaient au passé, l’histoire révèle une succession d’événements sanitaires qui ont transformé le monde, bien avant le virus qui a paralysé la planète il y a quelques années. La peste noire, la variole, la grippe espagnole ou encore le VIH sont autant d’exemples marquants. Mais d’autres, plus étranges et moins connues, méritent également d’être évoquées.

Une épidémie est officiellement déclarée lorsqu’une maladie contagieuse se propage rapidement au sein d’une population spécifique. Si cette propagation devient mondiale, on parle alors de pandémie.

L’épidémie de danse

En 1518, la ville de Strasbourg fut le théâtre d’un événement aussi mystérieux qu’inquiétant. Le 14 juillet, une femme nommée Troffea se mit à danser de manière compulsive dans les rues, incapable de s’arrêter. Après quatre jours de danse incessante, elle succomba d’épuisement. Une semaine plus tard, 34 personnes étaient atteintes de la même affliction, et en un mois, le nombre de personnes dansant de manière incontrôlable atteignit 400. Les causes de ce phénomène restent inconnues à ce jour, bien que certains chercheurs l’attribuent à un cas d’hystérie collective.

Troffea est considérée comme le premier cas documenté de ce que l’on appelle la « maladie de la danse », ou plus communément la « danse de Saint-Guy ». Les personnes touchées finissaient par s’effondrer, victimes d’un épuisement extrême, parfois aggravé par des crises d’épilepsie, des problèmes cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux ou des chutes.

L’épidémie du rire

En 1962, c’est en Afrique, plus précisément dans la ville de Tanganyika, que se produisit une épidémie tout aussi singulière. Le 30 janvier, dans une école située près du lac Victoria, trois élèves commencèrent à rire de manière incontrôlable, un rire nerveux qu’ils ne pouvaient plus maîtriser. Rapidement, le rire se propagea à l’ensemble de l’établissement, touchant tous les élèves. Les crises de rire duraient entre 4 et 8 heures, avec un cas extrême enregistré à 16 heures de rire continu.

Un fait troublant : aucun des enseignants, qu’ils soient européens ou africains, ne fut infecté. Face à cette situation, les autorités décidèrent de fermer l’école et de renvoyer les élèves chez eux, une mesure qui, paradoxalement, aggrava la situation. En quelques jours, l’épidémie se propagea sur une distance de 80 kilomètres autour du foyer initial. Dans de nombreux cas, les rires étaient accompagnés de pleurs, ainsi que de troubles cutanés, respiratoires et physiques. Cette vague de contagion dura 18 mois et toucha près de 1 000 personnes.

L’épidémie d’évanouissements

En 1983, la Cisjordanie fut touchée par une série d’incidents inexpliqués. Des adolescentes palestiniennes et des femmes soldats israéliennes commencèrent à signaler des étourdissements et des évanouissements. Plus de 900 personnes durent être hospitalisées. La première hypothèse évoquée fut celle d’une attaque chimique, mais l’hystérie collective fut rapidement pointée du doigt.

Un phénomène similaire se produisit en 2014 en Colombie, où jusqu’à 200 jeunes filles furent soignées pour des symptômes d’évanouissement, d’étourdissements, de maux de tête, d’engourdissements et de picotements dans diverses parties du corps. La cause de ces troubles resta un mystère.

Le syndrome de la résignation

Ce « virus » particulier se manifeste d’une manière très inhabituelle : il ne touche que les enfants de demandeurs d’asile en Suède. Cette maladie, qui a perduré pendant deux décennies, fut signalée pour la première fois à la fin des années 1990. Entre 2003 et 2005, plus de 400 cas furent recensés. Le syndrome de la résignation se caractérise par un abandon progressif de l’alimentation, de la communication et une entrée dans un état de léthargie profonde.

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