Crans-Montana est confrontée à une crise sanitaire majeure après l’incendie meurtrier d’un bar, qui a fait plusieurs blessés graves. Les victimes, souffrant de brûlures étendues et d’intoxications, nécessitent des soins spécialisés et une prise en charge globale, soulignent les experts.
Le professeur François Depret, responsable médical du Centre de Traitement des Brûlés à l’hôpital Saint-Louis AP-HP à Paris, explique que l’on parle de « grands brûlés » dès que plus de 20 % de la surface corporelle est affectée. « Même si, évidemment, entre 20 % et 90 % de surface brûlée, ça n’est pas la même chose, et même s’il y a aussi d’autres critères, comme la profondeur de la brûlure, l’âge des patients et les comorbidités », précise-t-il.
Dans le cas de l’incendie de Crans-Montana, les blessés présentent des brûlures cutanées, mais aussi des atteintes respiratoires dues à l’inhalation d’air chaud et de fumées toxiques. « Les deux peuvent mettre en jeu le pronostic vital », alerte le Pr Depret. Les intoxications au cyanure et au monoxyde de carbone, fréquentes dans les incendies en milieu clos, compliquent davantage la situation.
La prise en charge initiale, possible dans tout service de réanimation, se concentre sur la réhydratation massive des patients, qui perdent d’importantes quantités de fluides en raison de l’inflammation causée par les brûlures. « Il faut leur apporter beaucoup de fluides, par perfusion, parfois plus de 20 litres les 24 premières heures », indique le spécialiste.
Après 48 heures, la phase chirurgicale commence, avec la nécessité de greffes de peau. À ce stade, une prise en charge dans un centre spécialisé devient indispensable. Le Pr Depret souligne qu’il est impératif de prélever de la peau saine sur le patient lui-même, car il n’existe pas encore de substitut cutané suffisamment performant.
Les suites d’un grand brûlé sont souvent lourdes et nécessitent une rééducation intensive. Les patients sont particulièrement vulnérables aux infections, et les brûlures touchant les articulations peuvent entraîner des handicaps durables. « Quand vous avez des brûlures du visage, ça change complètement votre vision de vous-même », ajoute le professeur Depret, soulignant l’importance d’un soutien psychologique.
L’âge des victimes est un facteur crucial. Les jeunes patients ont généralement de meilleures chances de récupération. « Quand on a 20 ans, à surface cutanée brûlée égale, on a beaucoup plus de chances de s’en sortir qu’à 80 ans », explique le Pr Depret.
La répartition des blessés dans différents services de réanimation a été rapide, en raison du nombre important de victimes. Les autorités recherchent actuellement des places dans les centres spécialisés pour assurer une prise en charge optimale à long terme.
Bien que la réanimation ait considérablement progressé ces dernières années, réduisant la mortalité liée aux brûlures, le pronostic reste sombre lorsque la surface cutanée brûlée est trop étendue. La recherche se concentre sur le développement de cultures de kératinocytes, mais pour l’instant, la qualité de la peau obtenue ne permet pas d’améliorer significativement le pronostic.
Une ligne d’assistance téléphonique a été mise en place par la police cantonale valaisanne pour les familles, les blessés et les témoins : 0848 112 117.