Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des scientifiques écossais ont mis au point un casque intelligent, doté d’une intelligence artificielle, capable de prédire les crises d’épilepsie quelques minutes avant leur survenue, une avancée potentiellement révolutionnaire pour les personnes atteintes de cette maladie neurologique.
- Un casque équipé d’IA peut anticiper les crises d’épilepsie avec une précision allant jusqu’à 95 %.
- L’appareil analyse les ondes cérébrales et le rythme cardiaque pour détecter les signes précurseurs d’une crise.
- Les chercheurs espèrent commercialiser ce dispositif sous la forme d’un accessoire discret, semblable à une casquette.
L’équipe de l’Université calédonienne de Glasgow, à l’origine de cette innovation, estime que ce dispositif portable pourrait transformer la prise en charge de l’épilepsie, une maladie qui touche des centaines de milliers de personnes au Royaume-Uni et des millions à travers le monde. À l’heure actuelle, il n’existe aucun moyen simple et fiable d’alerter les patients avant une crise.
Le fonctionnement du casque repose sur l’analyse des ondes cérébrales, mesurées par électroencéphalographie (EEG), et des fonctions cardiaques, mesurées par électrocardiographie (ECG). L’intelligence artificielle, entraînée à partir de milliers d’heures d’enregistrements historiques, est capable d’identifier les schémas subtils qui précèdent une crise et d’émettre une alerte en temps opportun. L’algorithme indique également son niveau de confiance quant à la probabilité d’une crise imminente.
Selon le professeur Hadi Larijani, qui dirige l’équipe de recherche, l’avantage majeur de ce dispositif réside dans le sentiment de sécurité qu’il pourrait procurer aux personnes épileptiques.
« Donner un avertissement ne serait-ce que quelques minutes pourrait changer la vie. Notre objectif est de donner aux patients et à leurs familles le temps d’agir pour rester en sécurité et vivre de manière plus indépendante. »
Professeur Hadi Larijani, Université calédonienne de Glasgow
Les premiers prototypes utilisaient des composants tiers, mais les chercheurs ambitionnent de développer leurs propres modèles, plus légers et plus discrets, afin de les intégrer dans un accessoire du quotidien, comme une casquette.
« Nous voulons qu’il soit aussi discret que possible, qu’il soit sans fil et léger – cela représente de nombreuses fonctionnalités qu’aucun autre outil ne possède actuellement. »
Professeur Hadi Larijani, Université calédonienne de Glasgow
L’équipe a bénéficié d’un nouveau financement de UK Research and Innovation, dans le cadre de son programme Proof of Concept de 9 millions de livres sterling (environ 10,5 millions d’euros). Cependant, le professeur Larijani souligne que l’obtention des approbations réglementaires nécessaires à la commercialisation du dispositif prendra du temps.
« Les éléments les plus réglementés sont les dispositifs médicaux. Il faut du temps pour surmonter les obstacles. Mais je pense que nous avons effectué les premiers tests de faisabilité sur les caractéristiques logicielles et matérielles. Nous envisageons désormais un produit plus prêt à être commercialisé qui, espérons-le, franchira les obstacles liés à l’accréditation initiale des dispositifs médicaux. »
Professeur Hadi Larijani, Université calédonienne de Glasgow
Les chercheurs prévoient également d’adapter le casque aux enfants. Pour l’heure, ils continuent d’affiner la conception du dispositif et d’améliorer ses performances.
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