Publié le 3 janvier 2026 à 14h42. L’activité grippale connaît une forte accélération aux États-Unis en ce début d’année, entraînant une hausse des hospitalisations, tandis que les autorités sanitaires mettent en garde contre les risques liés à une préparation insuffisante face aux épidémies et pandémies.
- L’activité grippale saisonnière reste élevée et continue d’augmenter à l’échelle nationale, avec 25,6 % des échantillons respiratoires testés positifs pour la grippe.
- La désescalade précoce des antibiotiques chez les patients atteints de septicémie communautaire sans résistance aux antimicrobiens pourrait réduire la durée de l’antibiothérapie et de l’hospitalisation.
- Les recommandations récentes du CDC concernant le vaccin contre l’hépatite B suscitent des interrogations quant à l’accès à la vaccination et à la politique vaccinale fédérale.
Les États-Unis sont confrontés à une augmentation significative de l’activité grippale, selon les dernières données des Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Pour la semaine 51 de la saison 2025-2026 (se terminant le 20 décembre 2025), les indicateurs de surveillance montrent une tendance à la hausse des cas détectés chez les patients ambulatoires, aux services d’urgence et en hospitalisation. Si la gravité des cas reste pour l’instant modérée, le pourcentage de positivité des tests respiratoires a atteint 25,6 % au niveau national, en forte augmentation par rapport à la semaine précédente. Cette hausse est observée dans les dix régions du Département américain de la Santé et des Services sociaux (HHS), avec des taux variant de 10,8 % à 34,9 % selon les régions.
Les virus de la grippe de type A(H3N2) continuent de dominer, représentant 94,7 % des échantillons cliniques positifs signalés. Face à cette situation, les autorités sanitaires insistent sur l’importance de la vaccination et des mesures de prévention, telles que le lavage fréquent des mains et le port du masque en cas de symptômes.
Parallèlement, des études récentes suggèrent qu’une approche plus prudente dans la prescription d’antibiotiques pourrait améliorer la prise en charge des patients atteints de septicémie communautaire. La désescalade des antibiotiques empiriques à large spectre (BSA) dès le quatrième jour chez les patients stables, sans signe de multirésistance, serait associée à une réduction de la durée de l’antibiothérapie et de l’hospitalisation, sans augmentation de la mortalité. Plus d’informations sur la désescalade des antibiotiques.
Enfin, les récentes directives du CDC concernant le vaccin contre l’hépatite B ont soulevé des questions sur l’orientation de la politique vaccinale fédérale. Lors de réunions du Comité consultatif sur les pratiques d’immunisation (ACIP), les membres ont voté sur trois recommandations concernant la vaccination contre le virus de l’hépatite B (VHB), notamment en modifiant la recommandation de la première dose à la naissance pour les nouveau-nés dont les mères ont été testées négatives pour l’hépatite B, en la décalant à l’âge de deux mois. Le comité a également souligné l’importance de la prise de décision individuelle, en concertation entre les parents et les professionnels de santé.
Dans un contexte de menaces sanitaires croissantes, les experts soulignent la nécessité d’une vigilance accrue, d’une formation continue des professionnels de santé et d’un financement adéquat pour la biopréparation aux épidémies et aux pandémies. Jill Morgan, responsable de l’unité des maladies transmissibles graves à l’hôpital universitaire Emory, insiste sur l’importance de la formation aux équipements de protection individuelle (EPI).
« J’ai réalisé que je n’y avais pas prêté attention. Je ne savais pas qu’il y avait différents niveaux de masques ou qu’il y avait différents niveaux de blouses. C’est juste que pendant toutes mes années d’infirmière, et il y en avait eu pas mal à ce moment-là, c’était juste quelque chose qui m’avait échappé. Et j’ai réalisé que je n’étais pas seul dans cela. »
Jill Morgan, responsable de l’unité des maladies transmissibles graves, hôpital universitaire Emory
Gavin Harris, directeur médical associé du Programme des maladies transmissibles graves de l’Université Emory, rappelle que l’unité a été créée en 2002, mais n’a accueilli ses premiers patients atteints de fièvre hémorragique virale (Ebola) qu’en 2014. La préparation aux épidémies et aux pandémies est essentielle. L’équipe s’était entraînée pendant douze ans, réalisant des exercices de simulation et des scénarios de préparation pour être prête à faire face à une crise sanitaire.
En savoir plus sur les équipements de protection individuelle.
Les dernières directives du CDC sur le vaccin contre l’hépatite B.