Un tribunal administratif de Séoul a reconnu qu’une dépression sévère, aggravée par le stress au travail, est à l’origine du suicide d’un fonctionnaire de l’éducation. Cette décision ouvre la voie à une indemnisation pour la famille du défunt.
La 3e division administrative du tribunal administratif de Séoul a donné raison à l’épouse du fonctionnaire, M. A., dans sa demande d’allocation familiale pour décès. M. A. avait été nommé responsable de l’administration éducative locale en 2006 et avait pris ses fonctions de chef de bureau administratif dans un établissement scolaire en janvier 2022. Quelques mois plus tard, en mars de la même année, il a été diagnostiqué avec une dépression et a dû s’absenter du travail.
Après un traitement et un retour au travail en juillet 2022, M. A. a été affecté à une bibliothèque. Malheureusement, il s’est suicidé un mois plus tard. Sa famille estimait que son suicide était directement lié à l’aggravation de sa dépression, causée par le stress intense lié à son poste. Leur demande d’allocation familiale avait initialement été rejetée par le ministère de la Gestion du personnel, qui estimait qu’il était difficile d’établir un lien clair entre son décès et ses fonctions.
Le tribunal a cependant estimé que la charge de travail importante et le manque d’expérience de M. A. dans son nouveau rôle avaient contribué à l’aggravation de sa dépression. Selon le jugement, M. A. était principalement responsable de l’administration éducative au sein du bureau de l’éducation et du centre éducatif et culturel, supervisant l’ensemble du travail administratif pour la première fois. Il avait accumulé plus de 22 heures supplémentaires pour compenser son manque d’expérience et avait fréquemment exprimé son stress à son entourage.
« Le travail de manager est trop difficile », « je n’ai pas le temps d’obtenir de l’aide », et « je n’ai aucune attente concernant mon travail » sont quelques-unes des plaintes que M. A. avait formulées lors de ses séances de conseil pour sa dépression, des éléments qui ont été pris en compte par le tribunal.
Le tribunal a reconnu que M. A. était « tempérament vulnérable au stress », mais a souligné qu’il était difficile de considérer que son choix tragique était uniquement dû à cette vulnérabilité personnelle. Il a ajouté que, même si d’autres facteurs de stress extérieurs au travail pouvaient avoir joué un rôle, l’aggravation de sa dépression en raison de la charge de travail et du stress qui en résultait justifiait de reconnaître un lien de causalité significatif entre son décès et ses fonctions publiques.