Malgré la destruction massive de son système éducatif, un enseignant de Gaza, Bader Slaih, refuse d’abandonner sa vocation. Déplacé à plusieurs reprises par les combats, il est prêt à reconstruire l’enseignement, brique par brique, pour les étudiants palestiniens.
Bader Slaih, comme de nombreux universitaires de Gaza, a dû quitter ses affaires personnelles derrière lui en raison de la guerre. Déplacé avec sa famille depuis Bureij, dans le centre de Gaza, il a dû se tourner vers la fabrication de pain pour assurer leur subsistance pendant les affrontements. Pourtant, son objectif reste inchangé : offrir une éducation aux jeunes Palestiniens qui ont subi les pertes de proches, la destruction de leurs foyers et l’effondrement de leurs écoles.
« La guerre a été extrêmement difficile pour tout le monde. Nous avons été confrontés à des épreuves et à des humiliations », témoigne-t-il. Face à l’urgence de nourrir sa famille, il a participé à la construction d’un four à briques. « Nous devions cuisiner pour nourrir nos enfants et les autres », explique-t-il.
L’engagement envers l’éducation est profondément ancré dans la société palestinienne. Avant le conflit, le secteur éducatif à Gaza était en plein essor, avec un taux d’alphabétisation parmi les plus élevés au monde. En 2023, le Bureau central palestinien des statistiques rapportait un taux d’analphabétisme de seulement 2,1 % chez les Palestiniens de 15 ans et plus.
Bader Slaih a toujours placé l’étude au cœur de ses priorités, depuis son enfance jusqu’à l’obtention de ses diplômes de maîtrise et de doctorat en Égypte. Il est ensuite retourné à Gaza, animé par le désir de servir son pays. « J’ai soumis mes candidatures à toutes les universités, dans l’espoir de commencer ma carrière d’enseignant », se souvient-il. « Mais ensuite, la catastrophe est arrivée : la guerre a éclaté. »
Son épouse et son fils ont dû quitter Gaza pour des raisons médicales, le laissant sur place avec le reste de sa famille. « C’était une épreuve difficile. Les besoins médicaux de mon fils étaient prioritaires, alors je suis resté avec les autres membres de ma famille », précise-t-il.
Selon un rapport de l’UNICEF publié en novembre, le système éducatif de Gaza est « au bord de l’effondrement », avec plus de 97 % des écoles endommagées ou détruites. Le rapport souligne que 91,8 % des établissements scolaires nécessitent une reconstruction complète ou une réhabilitation importante pour redevenir opérationnels. Les 12 universités de Gaza ont également été touchées, certaines étant totalement ou partiellement détruites.
Malgré ce tableau sombre, Bader Slaih reste déterminé à poursuivre sa carrière, d’autant plus qu’un cessez-le-feu est en vigueur à Gaza. « La patience et la détermination font partie de notre ADN », affirme-t-il. « Je serai enseignant, même sous une tente. C’est ma mission d’enseigner aux étudiants palestiniens, même si je dois construire une salle de classe, brique par brique. » Il exprime sa conviction de pouvoir réaliser son rêve très bientôt.
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