L’intervention militaire américaine au Venezuela, marquée par l’arrestation du président Nicolás Maduro et de son épouse, a provoqué une flambée des actions Chevron en avant-bourse, tandis que la production pétrolière vénézuélienne est en chute libre. L’incertitude plane sur les opérations de la compagnie américaine, principal investisseur étranger dans le pays.
Les titres Chevron ont grimpé de 7,74 % lors des échanges précédant l’ouverture des marchés le 3 janvier 2026, atteignant 167,94 $ (environ 155 €) à 5 h 26 min 57 s HNE. La veille, l’action avait clôturé à 155,90 $, en hausse de 2,29 %, et affiche un gain d’environ 6 % sur l’année écoulée.
Cette réaction du marché intervient après que la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne, PDVSA, a entamé une réduction de sa production de brut suite à l’instauration d’un embargo pétrolier américain. Cette mesure a interrompu les exportations et créé une situation d’incertitude pour Chevron, qui est le plus grand investisseur étranger au Venezuela.
L’opération militaire américaine, qui n’a pas été autorisée par le Congrès, a conduit à la capture de Nicolás Maduro et de son épouse. En réponse, PDVSA a demandé à ses coentreprises, dont celles associées à Chevron, de diminuer leur production à mesure que les capacités de stockage se remplissent.
Les données de suivi maritime révèlent que plus de 17 millions de barils de pétrole se trouvent actuellement à bord de navires au large des côtes vénézuéliennes. Même les cargaisons de Chevron à destination des États-Unis, qui bénéficiaient auparavant d’une licence de Washington, sont bloquées depuis jeudi.
Le président Trump a annoncé son intention de solliciter les grandes compagnies pétrolières américaines pour qu’elles investissent des milliards de dollars dans la réparation des infrastructures pétrolières vénézuéliennes, gravement endommagées. Le Venezuela possède des réserves estimées à 300 milliards de barils de pétrole (environ 284 milliards de litres), dépassant celles de l’Arabie saoudite et représentant environ 17 % des réserves mondiales, selon les données de l’OPEP.
Cependant, le pétrole extra-lourd vénézuélien nécessite l’ajout de diluants pour pouvoir être transporté par pipelines, ce qui rend le commerce fortement dépendant d’une logistique efficace et d’un climat politique stable.
Malgré cette forte hausse en avant-bourse, les analystes se montrent prudents quant à l’exposition de Chevron au Venezuela. La revitalisation de l’industrie pétrolière vénézuélienne nécessiterait entre 65 et 100 milliards de dollars d’investissements et se heurterait à d’importants obstacles, notamment l’instabilité politique et la nécessité de réformes juridiques.
Goldman Sachs a indiqué, dans une note du 4 janvier, qu’elle ne prévoyait que des risques modestes à court terme pour les prix du pétrole en provenance du Venezuela. Elle maintient ses prévisions pour le Brent à 56 $ le baril (environ 51,50 €) et pour le WTI à 52 $ le baril (environ 47,70 €) pour l’année 2026.
Chevron a déclaré qu’elle « continue d’opérer dans le plein respect de toutes les lois et réglementations applicables », tout en restant « concentrée sur la sécurité et le bien-être de ses employés, ainsi que sur l’intégrité de ses actifs ». L’entreprise est présente au Venezuela depuis près d’un siècle et a établi des coentreprises avec PDVSA, contrairement à ses concurrents Exxon Mobil et ConocoPhillips, qui ont quitté le pays il y a plusieurs décennies.
Helima Croft, de RBC Capital, a suggéré qu’un allègement complet des sanctions pourrait libérer plusieurs centaines de milliers de barils de production par jour sur un an, mais a souligné que le calendrier et la stabilité politique nécessaires à de tels investissements restent très incertains.
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