Publié le 5 janvier 2024, 14h35. L’arrestation spectaculaire de Nicolás Maduro et de son épouse à Caracas par les forces américaines marque un tournant dans la stratégie de Washington à l’égard du Venezuela, après des mois de tentatives diplomatiques infructueuses et de revirements inattendus de la part de l’administration Trump.
- L’ancien président américain Donald Trump avait initialement envisagé une approche diplomatique avec Maduro, cherchant un accord privilégiant les intérêts des compagnies pétrolières américaines.
- Une opposition interne au sein de l’administration Trump, menée par Marco Rubio, a finalement convaincu Trump que Maduro était un négociateur de mauvaise foi.
- Maduro a rejeté plusieurs offres d’exil en échange d’une immunité contre des accusations liées au trafic de drogue, conduisant à une escalade vers une intervention militaire.
L’arrestation de Nicolás Maduro, opérée par une opération surprise durant le week-end, et de son épouse Celia Flores, intervient après des mois de tensions croissantes entre Washington et Caracas. Selon des sources proches de l’administration Trump, l’ancien président avait initialement investi d’importants efforts politiques et temporels, durant son premier mandat, pour tenter de déloger Maduro du pouvoir, sans succès. Après son retour à la Maison Blanche en janvier dernier, il aurait exprimé sa frustration face à cet échec.
Nombre de ses alliés considéraient le maintien au pouvoir de Maduro comme une provocation constante et un signe de complaisance de la part des États-Unis envers un régime hostile. Pourtant, six mois avant de donner l’ordre d’arrêter Maduro et son épouse, Trump avait exploré la voie d’un accord diplomatique. Lors d’une réunion tenue en juillet dernier au Bureau Ovale, il aurait confié à ses conseillers qu’il préférait une solution négociée et souhaitait parvenir à un accord qui favoriserait l’accès des compagnies pétrolières américaines aux ressources pétrolières vénézuéliennes.
Le secrétaire d’État, Marco Rubio, s’est alors fermement opposé à cette approche, mettant en garde Trump contre la fiabilité de Maduro. L’ancien président aurait répondu, selon les mêmes sources : « Nous allons faire les choses à ma manière ». Cette divergence de vues a déclenché une lutte d’influence en coulisses entre les conseillers de Trump et les lobbies pétroliers, chacun plaidant pour une stratégie différente. Trump a cependant maintenu sa position, cherchant un accord avec Caracas qui servirait les objectifs de son mouvement MAGA (Make America Great Again). Ses conseillers ont finalement réussi à le convaincre que Maduro était un « terroriste impliqué dans le trafic de drogue qui n’abandonnerait pas le pouvoir de son propre gré ».
Maduro, de son côté, aurait minimisé la pression américaine, la considérant comme une manœuvre sans substance, selon des anciens collaborateurs et des hommes d’affaires proches de lui. En mai dernier, les États-Unis lui ont proposé un accord lui offrant l’exil en échange d’une immunité contre des poursuites pour trafic de drogue. Maduro a rejeté cette offre, ainsi que d’autres propositions similaires.
Le 23 décembre, Maduro a refusé une dernière offre américaine, ignorant qu’il s’agissait de la dernière tentative de Washington avant de recourir à l’arrestation. Le revirement de Trump vers une action militaire a été motivé par sa frustration face à l’incapacité des négociations à convaincre Maduro de quitter le pouvoir en échange d’une amnistie pour les accusations portées contre lui.
Maduro devrait maintenant comparaître devant un tribunal fédéral de Manhattan pour répondre à des accusations de terrorisme liées au trafic de drogue, après avoir été incarcéré avec son épouse Celia Flores à la prison de Brooklyn, suite à son arrestation surprise à Caracas.
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