Home SantéLes maladies du passé menacent l’avenir du journal Prahova

Les maladies du passé menacent l’avenir du journal Prahova

by Sophie Martin

Publié le 5 janvier 2026 à 22h19. La baisse de la couverture vaccinale en Roumanie suscite l’inquiétude des médecins, qui craignent une résurgence de maladies infectieuses graves, telles que la rougeole, la diphtérie et la polio, alors que le pays affiche des taux de vaccination parmi les plus faibles d’Europe.

  • La Roumanie enregistre des taux de vaccination préoccupants, notamment pour la rougeole, avec près de 80 % des cas européens recensés en 2024.
  • Plus de 36 000 cas de rougeole et 30 décès, principalement chez les enfants, ont été recensés en Roumanie jusqu’à fin novembre dernier.
  • Le Dr Adrian Marinescu, directeur de l’Institut national des maladies infectieuses “Prof. Dr. Matei Balș”, souligne l’importance cruciale de la vaccination pour prévenir les complications et sauver des vies.

La diminution de l’adhésion à la vaccination infantile en Roumanie est une source de préoccupation croissante pour les autorités sanitaires. Les données internationales confirment une tendance à la baisse de la couverture vaccinale dans le pays, le plaçant parmi les nations européennes les moins bien protégées contre les maladies infectieuses évitables. Selon le rapport Panorama de la santé : Europe 2024 de l’OCDE, la Roumanie a enregistré à elle seule 77,8 % de tous les cas de rougeole au sein de l’Union européenne en 2024.

Cette situation inquiétante se traduit par une augmentation significative du nombre de cas de maladies autrefois maîtrisées. L’Institut national de santé publique (INSP) a recensé plus de 36 000 cas de rougeole et 30 décès, pour la plupart d’enfants, jusqu’à la fin du mois de novembre dernier. La couverture vaccinale ROR (rougeole-oreillons-rubéole) est tombée en dessous de 70 %, un seuil critique pour maintenir l’immunité collective.

Le Dr Adrian Marinescu, médecin traitant des maladies infectieuses et directeur de l’Institut national des maladies infectieuses “Prof. Dr. Matei Balș” de Bucarest, insiste sur le rôle salvateur de la vaccination.

« Tout d’abord, il faut comprendre que la vaccination – en tant que principe de prévention – est la meilleure mesure pour éviter les complications des maladies infectieuses. Elle n’entraîne pas la mort. Pratiquement, tout au long de l’histoire, lorsque nous parlons du vaccin, c’est exactement de cela que nous sommes partis : à savoir que les vaccins sauvent des vies. »

Au-delà de la rougeole, le Dr Marinescu souligne une baisse générale de la vaccination contre d’autres maladies, ce qui pourrait entraîner une résurgence de pathologies potentiellement graves. Il mentionne également l’apparition de cas de maladie de Hansen (lèpre) à Cluj, bien que cette maladie soit rare en Europe. Il précise qu’il n’existe pas de vaccin spécifique contre la lèpre, mais que le vaccin BCG pourrait offrir une protection partielle.

La lèpre, causée par la bactérie Mycobacterium leprae, se transmet par un contact prolongé et direct entre personnes vivant sous le même toit. Les cas recensés en Roumanie sont pour l’instant importés, liés à des personnes ayant séjourné dans des zones endémiques d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Le traitement de la lèpre repose sur une combinaison d’antibiotiques administrés pendant une période de six mois à un an.

Le Dr Marinescu met en garde contre le risque de sous-diagnostic et de transmission familiale de la lèpre en cas de traitement tardif. Il rappelle également que la tuberculose, bien que contrôlée par la vaccination BCG (incluse dans le programme national de vaccination), reste un problème de santé publique en Roumanie, en particulier chez les populations vulnérables. La tuberculose, causée par Mycobacterium tuberculosis, se transmet facilement par voie aérienne.

Enfin, le médecin infectiologue souligne la gravité de la poliomyélite, une maladie potentiellement mortelle ou invalidante. Le virus de la poliomyélite se transmet par voie fécale-orale ou aérienne. Le dernier cas de poliomyélite en Roumanie remonte à 1992, mais le Dr Marinescu avertit que dans un contexte de guerre et de mouvements massifs de populations, le risque de réapparition de la polio, ainsi que d’autres maladies évitables, ne peut être exclu.

En conclusion, le Dr Marinescu appelle à un retour aux principes fondamentaux de la vaccination, soulignant que les vaccins ont permis de sauver des millions de vies et de prévenir de graves problèmes de santé publique.

« Parce que ces vaccins nous ont sauvés de graves problèmes de santé publique. Et, comme je l’ai dit au début, plusieurs millions de vies ont été sauvées. Nous devrions donc revenir au principe de la vaccination. »

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