Publié le 5 janvier 2024 à 21h11. Ancien procureur de Séoul, Choi Soon-yong a troqué sa carrière juridique pour se consacrer à la méditation, qu’il enseigne désormais à un public varié, convaincu que la pleine conscience est une voie vers le bonheur et la sérénité.
- Choi Soon-yong, après une carrière de procureur, est devenu un instructeur de méditation reconnu.
- Il a intégré les principes bouddhistes à sa pratique et à son enseignement.
- Il affirme que la méditation l’a aidé à développer une compréhension plus profonde des autres et à remettre en question ses méthodes d’application de la loi.
Ce qui débuta comme une quête personnelle pour trouver un sens à la vie a conduit Choi Soon-yong (62 ans) à un chemin inattendu. Après avoir exercé pendant des années comme procureur dans la capitale sud-coréenne, il a embrassé la méditation et en est devenu un fervent défenseur. Chaque lundi soir, dans son cabinet d’avocats du quartier de Seocho-gu à Séoul, il accueille des personnes de tous horizons – comptables, infirmières, écrivains – pour des séances de méditation guidée.
L’histoire de cette transformation est singulière. Dès ses années de collège, Choi Soon-yong se sentait attiré par la philosophie et la spiritualité. Il lisait les œuvres de Marc Aurèle, cherchant une réponse à une insatisfaction profonde. Bien qu’ayant fréquenté une école chrétienne, il ressentait un vide qu’il n’arrivait pas à combler par la prière ou la lecture de la Bible. Sa découverte des et du dans une librairie d’occasion a marqué un tournant.
Il a ensuite exploré diverses traditions méditatives, rencontrant des ascètes et des moines renommés. Malgré les attentes de son père, il a poursuivi ses études de droit, mais sans jamais abandonner son intérêt pour le bouddhisme. Il réussit l’examen du barreau en 1987, non sans une anecdote troublante. Alors qu’il passait l’épreuve à l’université de Dongguk, un inconnu l’a averti de l’importance de l’indépendance du pouvoir judiciaire, sujet qui était précisément au cœur d’une des questions de l’examen. Choi Soon-yong considère cet événement comme une intervention spirituelle, attribuant la rencontre à une incarnation du Bodhisattva Avalokitesvara.
Sa carrière de procureur, débutée à l’âge de 30 ans, l’a conduit à enquêter sur des affaires de contrefaçon d’œuvres d’art et de pillage de tombes. Au fil des années, sa pratique de la méditation Vipassana (méditation perspicace), apprise lors de séjours en Inde, au Sri Lanka et au Myanmar, a profondément influencé sa vision du monde. Il a notamment étudié à l’Académie nationale de justice en France, enrichissant encore sa quête spirituelle.
Cependant, plus il méditait, plus il prenait conscience de l’impact de ses décisions sur les autres. Il a commencé à remettre en question ses méthodes d’application de la loi, réalisant que la véritable source de bonheur ne se trouve pas dans le contrôle ou la punition, mais dans l’acceptation intérieure. Il explique :
« Plus je pratiquais la méditation, plus je réalisais que le vrai bonheur dans la vie ne réside pas à l’extérieur, mais doit être accepté au plus profond de mon cœur. »
Choi Soon-yong, ancien procureur et instructeur de méditation
En 2002, après dix ans de service et une promotion au poste de procureur en chef – un poste qu’il jugeait trop politique et éloigné de la pratique – il quitte le parquet pour ouvrir un cabinet d’avocats. Il a ensuite déménagé son cabinet à Seocho-dong et s’est consacré à l’enseignement de la méditation, traduisant et publiant des ouvrages bouddhistes tels que et du moine U Jyothika. Il a également dirigé un centre de méditation à Yangjae-dong avec un moine sri lankais.
Choi Soon-yong est convaincu que la méditation peut transformer la perception que nous avons du monde et de nous-mêmes. Il souligne l’importance de l’observation de soi et de l’acceptation du moment présent pour réduire le stress, l’anxiété et la peur, et trouver un bonheur durable.
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