Publié le 6 janvier 2026. Le cancer du col de l’utérus continue de toucher de manière disproportionnée les femmes des pays à faible revenu, malgré les efforts mondiaux pour l’éradiquer. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) met l’accent sur la nécessité d’une action concertée pour atteindre les objectifs ambitieux fixés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
En 2022, plus de 660 000 femmes dans le monde ont reçu un diagnostic de cancer du col de l’utérus, entraînant le décès d’environ 350 000 d’entre elles. Les disparités géographiques sont criantes : les femmes vivant dans des pays à revenu intermédiaire présentent un risque deux fois plus élevé de développer cette maladie et un risque de décès 2 à 4 fois supérieur à celui des femmes des pays à revenu élevé. Dans les pays à faible revenu, le risque est encore plus alarmant, avec un risque de développement du cancer plus de trois fois supérieur et un risque de décès près de neuf fois plus élevé.
Au-delà du bilan humain, le cancer du col de l’utérus représente un fardeau économique considérable. En 2022, les pertes de productivité dues aux décès prématurés ont été estimées à 26 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Dans les pays où l’indice de développement humain (IDH) est faible, ce type de cancer est la principale cause de perte de productivité liée aux décès par cancer.
L’accès limité à des technologies abordables et efficaces constitue un obstacle majeur à la lutte contre le cancer du col de l’utérus dans les pays à faible revenu. Le CIRC souligne l’efficacité économique de l’ablation thermique pour traiter les lésions précancéreuses du col de l’utérus et a récemment publié un résumé des données probantes sur cette technique.
L’OMS a lancé en novembre 2020 l’Initiative pour l’élimination du cancer du col de l’utérus, avec l’objectif ambitieux de l’éradiquer en tant que problème de santé publique d’ici 2100. Pour atteindre cet objectif, tous les pays doivent parvenir à maintenir un taux d’incidence inférieur à 4 nouveaux cas pour 100 000 femmes par an.
Cette initiative repose sur trois piliers essentiels : la vaccination, le dépistage et le traitement. L’objectif est de vacciner 90 % des filles avant l’âge de 15 ans contre le virus du papillome humain (VPH), de dépister 70 % des femmes à 35 et 45 ans à l’aide de tests performants, et de traiter 90 % des femmes atteintes de lésions précancéreuses et de cancer invasif.
Pour s’engager sur la voie de l’élimination du cancer du col de l’utérus d’ici la fin du siècle, les pays doivent atteindre ces objectifs 90-70-90 d’ici 2030. Cela nécessite une formation adéquate des professionnels de santé pour le dépistage, le diagnostic et la prise en charge des lésions précancéreuses. Le CIRC répond à ce besoin en proposant des programmes de formation à l’échelle mondiale, notamment un nouveau programme d’apprentissage complet développé en collaboration avec l’Académie de l’OMS et d’autres partenaires.
Pour plus d’informations et de ressources, consultez les visuels pour les réseaux sociaux du CIRC.