Home DivertissementThe strangest thing: is the future of cinema … not new movies? | Film industry

The strangest thing: is the future of cinema … not new movies? | Film industry

by Antoine Girard

Les salles obscures françaises ont connu un regain d’activité inattendu ces dernières semaines, non pas grâce aux blockbusters habituels, mais grâce à des événements hybrides et des contenus habituellement réservés au streaming. De la diffusion de l’épisode final de la série Stranger Things aux concerts filmés d’artistes pop, les cinémas explorent de nouvelles pistes pour attirer un public moins enclin à se déplacer.

L’épisode final de Stranger Things, diffusé en salles en simultané avec sa sortie sur Netflix, a généré un chiffre d’affaires estimé à 25 millions de dollars (environ 23 millions d’euros) en 24 heures, débutant le soir du 31 décembre et se poursuivant le 1er janvier. Ce résultat dépasse les recettes quotidiennes d’Avatar : Chemin d’eau après son week-end de lancement. Certaines estimations, atteignant même les 30 millions de dollars (environ 28 millions d’euros), le placeraient en deuxième position des meilleures journées de décembre, derrière le premier jour d’exploitation d’Avatar 3.

Bien que ces chiffres soient sujets à caution – Netflix ne communiquant pas les recettes de ses projections événementielles et les billets étant techniquement gratuits, les spectateurs acquérant des bons d’achat de 20 dollars (environ 18,50 euros) pour la restauration – cette opération s’avère particulièrement lucrative pour les salles. Contrairement aux accords habituels, les cinémas conservent l’intégralité des revenus générés par ces bons d’achat, plutôt que de les partager avec le distributeur.

Cette tendance s’inscrit dans une démarche plus large de diversification. Après un automne morose, les salles cherchent à se réinventer face à la domination croissante des événements cinématographiques et des plateformes de streaming. L’an dernier, des captations de spectacles de Broadway, comme Hamilton et Merrily We Roll Along, ont été diffusées dans les cinémas. Taylor Swift a également contribué à dynamiser les salles avec la sortie d’un événement autour de son nouvel album, The Life of a Showgirl, qui a rapporté 50 millions de dollars (environ 46 millions d’euros) dans le monde, composé d’un nouveau clip vidéo, de lyric videos et de séquences des coulisses.

Le groupe de K-pop BTS a également proposé une série de concerts remasterisés, tandis que Netflix a organisé des projections événementielles pour sa série à succès KPop Demon Hunters, incluant un accord avec AMC, le plus grand réseau de cinémas aux États-Unis, traditionnellement réticent aux productions du streamer. Avant 2025, seule une semaine de diffusion de Glass Onion avait permis à Netflix de figurer à l’affiche des cinémas AMC.

Cette stratégie ne se limite pas à la musique. Les retransmissions d’opéras, de pièces de théâtre et de compétitions sportives continuent d’attirer un public fidèle. Des distributeurs comme Fathom proposent régulièrement des classiques du cinéma, tandis que des studios comme Universal ont ressorti Retour vers le futur et Les Dents de la mer en format IMAX lors de périodes creuses. Certaines chaînes, comme Regal, ont même mis en place une programmation régulière de films anciens depuis septembre, une initiative qui devrait se poursuivre au moins jusqu’en janvier.

Ce phénomène paradoxal voit des contenus autrefois associés au visionnage à domicile – sport, séries télévisées, films classiques – investir l’écran argenté, alors que de nombreux films à gros budget sont désormais directement diffusés en streaming. Les plateformes comme Netflix ont habitué les spectateurs à attendre la sortie en streaming, et ces derniers semblent moins pressés de se rendre au cinéma.

Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. Les prix des places de cinéma restent plus abordables que ceux des concerts ou des événements sportifs, et l’expérience collective offre une immersion sonore et visuelle supérieure à celle d’un téléviseur domestique. De plus, la réduction de la durée d’exploitation en salles – un film est souvent disponible en location numérique dans les deux à trois semaines suivant sa sortie – incite les spectateurs à profiter de l’expérience cinématographique dès que possible.

En fin de compte, assister à une projection de Stranger Things, d’un classique comme Les Dents de la mer ou d’un événement sportif en salle est devenu un acte de dévotion, un choix conscient pour ceux qui apprécient l’expérience unique du cinéma.

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