Publié le 7 janvier 2026 17h05. L’Argentine s’apprête à vivre une récolte record pour 2026, atteignant potentiellement 154,5 millions de tonnes, mais cette abondance ne se traduira pas automatiquement par une affluence de devises étrangères, en raison de changements récents dans la politique agricole.
- La récolte de 2026 devrait atteindre un volume historique de 154,5 millions de tonnes.
- Les recettes en devises prévues pour les premiers mois de 2026 (janvier-mars) s’élèvent à 6,6 milliards de dollars américains, un chiffre inférieur à la moyenne historique.
- La suppression temporaire des droits d’exportation agricoles a entraîné une augmentation initiale des liquidations de dollars, mais a également réduit les prévisions de revenus à long terme.
Malgré une production agricole en plein essor, l’Argentine pourrait connaître une baisse des revenus en devises étrangères au début de l’année 2026. Les prévisions de la Bourse de Rosario (BCR) indiquent que le pays collectera environ 6,6 milliards de dollars américains entre janvier et mars, un montant inférieur à celui d’une année « normale » et bien en deçà du potentiel offert par cette récolte exceptionnelle.
Selon les estimations actuelles, la valeur totale des exportations agricoles pour le nouveau cycle devrait atteindre 36,8 milliards de dollars américains, soit une augmentation de 600 millions de dollars par rapport à la campagne précédente. Cependant, l’apport de devises au marché de change libre (MLC) d’ici 2026 est estimé à 33,6 milliards de dollars américains, soit une diminution de 8 % par rapport à l’année précédente.
Cette baisse est principalement due à l’impact du décret 685/2025, qui a temporairement supprimé les droits d’exportation dans le but d’accélérer l’entrée de dollars sur le marché des changes et de renforcer la compétitivité des exportations. Cette mesure a effectivement permis une augmentation significative des liquidations en septembre, atteignant près de 8 milliards de dollars américains, la deuxième valeur mensuelle la plus élevée jamais enregistrée par la BCR.
Cependant, cette accélération initiale a été suivie d’une diminution des liquidations au cours des mois suivants. Le cumul octobre-novembre a atteint son niveau le plus bas depuis 2005, selon les données de la Banque centrale. La BCR prévoit que cette tendance se poursuivra au début de 2026, bien que dans une moindre mesure qu’en octobre-novembre 2025, ce qui aura un impact sur la contribution annuelle totale pour 2026.
Trois secteurs agricoles se distinguent particulièrement dans cette campagne record : le soja, le maïs et le tournesol. Le soja devrait rester le principal produit d’exportation, générant plus de 19,5 milliards de dollars américains grâce aux expéditions de céréales et de produits dérivés. Le maïs connaît également une forte reprise, avec une contribution estimée à 8,2 milliards de dollars américains.
Le secteur du tournesol devrait générer des exportations d’une valeur de 3,75 milliards de dollars américains, tandis que le tournesol vise à atteindre 2,5 milliards de dollars américains, dépassant ainsi le niveau de la saison 2021/2022, la dernière période de cinq ans caractérisée par une forte hausse des prix internationaux.
Sur la base des chiffres de production, d’exportation et des prix, la BCR a estimé que les droits d’exportation pourraient atteindre 4,83 milliards de dollars américains en 2026, soit une augmentation de 4 % par rapport aux prévisions pour 2025. Les expéditions totales de céréales et de grains devraient atteindre 69,2 millions de tonnes (Mt), le maïs se positionnant comme la principale céréale exportée (40 Mt), suivi du blé avec des expéditions record de 17 Mt.
En revanche, les exportations de soja devraient diminuer à 5,5 Mt contre 12,2 Mt estimés pour la campagne actuelle. La croissance de ce secteur dépendra en grande partie de l’évolution des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, l’Argentine ayant la possibilité de se positionner comme un fournisseur de soja pour le géant asiatique dans ce contexte de fortes incertitudes commerciales internationales.