Publié le 7 janvier 2026 à 11h00. Les autorités burkinabè ont déjoué une tentative de coup d’État visant à renverser le capitaine Ibrahim Traoré, révélant un complot impliquant des acteurs militaires et civils financés par l’étranger et visant à semer le chaos dans le pays.
- Un complot visant à assassiner le président Traoré et d’autres hauts responsables a été démantelé.
- Le plan prévoyait également la neutralisation d’une base de drones et une intervention militaire étrangère.
- L’ancien lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba est identifié comme le principal instigateur, avec des fonds provenant notamment de Côte d’Ivoire.
Le ministre de la Sécurité du Burkina Faso, Mahamadou Sana, a révélé ce mercredi des détails concernant le démantèlement d’un complot visant à déstabiliser le pays et à éliminer ses dirigeants, en tête desquels figure le capitaine Ibrahim Traoré. Selon les services de renseignement et de défense, cette opération, forgée entre des acteurs militaires et civils, bénéficiait d’un financement extérieur.
La tentative de coup d’État, avortée le 3 janvier, prévoyait des assassinats ciblés d’autorités civiles et militaires. Le président Traoré était la cible principale, les conspirateurs envisageant de l’éliminer par balle ou à l’aide d’explosifs dans sa résidence. Parallèlement, le plan visait à neutraliser une base de drones afin d’empêcher toute réaction gouvernementale.
Selon les informations divulguées, les putschistes, disposant d’un réseau militaire et civil étendu, cherchaient à provoquer une intervention militaire étrangère. Le réseau militaire était chargé de recruter du personnel en uniforme et de former des groupes d’action, tandis que le réseau civil se concentrait sur le recrutement de civils pour soutenir la mise en œuvre du plan.
L’enquête a désigné l’ancien lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba comme l’instigateur principal de l’opération. Il aurait été chargé de concevoir le plan, de collecter des fonds et de recruter des complices. Une partie significative des fonds destinés à soutenir le complot proviendrait de l’étranger, notamment de Côte d’Ivoire, où une transaction de 70 millions de francs ivoiriens (environ 125 000 dollars américains) a été récemment identifiée.
Les autorités burkinabè affirment que la situation est désormais sous contrôle, les enquêtes et les arrestations des suspects présumés se poursuivant. Le ministre Sana a salué la mobilisation populaire qui a permis de contrecarrer le complot à Ouagadougou et a remercié les forces de défense et de sécurité pour leur intervention rapide. Il a également appelé la population à rester calme, vigilante et à faire preuve de discernement.
Ce complot intervient dans un contexte de rapprochement régional entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Les trois nations ont créé l’Association des États du Sahel, un processus perçu comme une affirmation de leur souveraineté et un rejet de l’influence néocoloniale. Ibrahim Traoré a récemment dénoncé l’impérialisme comme la véritable source des problèmes de l’Afrique, plutôt que le terrorisme.
Outre la création d’une banque de développement et l’étude d’un passeport unifié, les trois pays envisagent la mise en place d’une radio et d’une télévision panafricaines, l’amélioration des liaisons aériennes et ferroviaires, le renforcement du commerce et des investissements, ainsi que la création d’une force conjointe de 5 000 soldats pour lutter contre les groupes terroristes armés. Ils se sont également engagés à se soutenir mutuellement en cas de menace à leur souveraineté.
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