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« Un titre du Grand Chelem ne garantit pas un bonheur durable »

by Camille Renault

Publié le 7 janvier 2026 à 10h49. Casper Ruud aborde l’année tennistique avec de nouvelles perspectives, marquée par l’imminence de sa paternité et une réflexion sur l’équilibre entre performance sportive et vie personnelle, tout en revenant sur ses expériences en finale de Grand Chelem.

  • Casper Ruud souligne l’importance de la santé, de la compétitivité et du travail quotidien pour une saison réussie.
  • L’arrivée prochaine de son enfant modifie sa perception de la carrière sportive, lui apportant calme et équilibre.
  • Malgré les opportunités à l’étranger, Ruud affirme son attachement à la Norvège et à sa famille, considérant cela comme une source de stabilité.

Pour Casper Ruud, l’année 2026 s’annonce riche en changements, tant sur le court qu’en dehors. Le joueur norvégien, qui a atteint à trois reprises la finale d’un tournoi du Grand Chelem, se prépare à accueillir son premier enfant, une perspective qui redéfinit ses priorités. Il explique qu’une saison réussie se mesure avant tout à sa capacité à rester en bonne santé et à se sentir compétitif lors des grands rendez-vous.

« J’ai appris à faire attention aux objectifs spécifiques. Pour moi, une bonne saison, c’est quand je reste en bonne santé, que je me sens compétitif dans les plus grands tournois et que je sais que j’ai bien fait mon travail quotidien. Si cela conduit à de bons classements dans les tournois du Grand Chelem et à une lutte pour les plus grands titres, alors j’en serais très heureux », a-t-il déclaré.

L’arrivée imminente de son enfant aura un impact profond sur sa vie, mais Ruud ne redoute pas ce bouleversement. Au contraire, il l’envisage comme une source d’enrichissement personnel. Il estime que cette nouvelle responsabilité l’aidera à gagner en sérénité et en équilibre, des qualités essentielles pour performer sur le terrain.

« Cela va changer ma vie plus que ma carrière, et c’est une bonne chose. Le tennis est toujours très important pour moi, mais devenir père remet tout en perspective de manière plus profonde. Je crois que cela peut me rendre plus calme et plus équilibré sur et en dehors du terrain », a-t-il confié.

Contrairement à de nombreux joueurs de haut niveau qui choisissent de s’installer à Monaco ou à Dubaï, Casper Ruud a fait le choix de rester en Norvège, malgré une fiscalité élevée. Il explique que le soutien de sa famille et ses racines dans son pays natal sont primordiaux pour son bien-être et sa stabilité mentale. Son père, Christian Ruud, est également son entraîneur depuis son enfance, et il entretient une relation étroite avec ses deux sœurs.

« Tu es ma fondation. Avoir ma famille à proximité, vivre en Norvège, rester connecté à mon pays natal – cela me donne de la stabilité. Le tennis peut être très intense et parfois solitaire, alors je me ressource à la maison. Pour moi, c’est plus précieux que n’importe quel avantage fiscal », a-t-il affirmé.

Interrogé sur la difficulté de remporter un titre du Grand Chelem par rapport à celui d’être élu sportif norvégien de l’année, Ruud n’hésite pas : la victoire en Grand Chelem reste son rêve ultime. Il reconnaît la popularité d’autres sports en Norvège, tels que l’athlétisme, le football et le ski, mais souligne que le tennis, bien que moins médiatisé, représente un défi personnel unique.

« Gagner un Grand Chelem est la plus grande chose pour moi. C’était mon rêve d’enfant. En Norvège, les sports comme le football et le ski de fond sont très populaires, tandis que le tennis est encore un sport relativement restreint. C’est ce qui fait d’Årets idrettsnavn également un titre extrêmement disputé. Quand on affronte des athlètes comme Warholm, Ingebrigtsen, Haaland ou Hovland, on se rend compte à quel point il faut être exceptionnel pour se démarquer. Mais pour moi personnellement, gagner un Grand Chelem signifierait le plus », a-t-il expliqué.

Les trois finales de Grand Chelem perdues en douze mois – à Roland-Garros 2022 contre Rafael Nadal, à l’US Open 2022 contre Carlos Alcaraz et à Roland-Garros 2023 contre Novak Djokovic – lui ont appris l’importance de la patience, de la confiance et de l’acceptation. Il considère ces défaites comme des expériences formatrices qui renforcent sa détermination.

« Que les marges à ce niveau sont incroyablement faibles. J’ai appris qu’il faut à la fois patience, foi et acceptation. Ces défaites finales m’ont fait mal, mais elles m’ont aussi montré que j’avais ma place là-bas et c’est important pour ma confiance pour l’avenir », a-t-il précisé.

Ruud partage également le point de vue de Dominique Thiem, qui avait exprimé son scepticisme quant au bonheur durable procuré par un titre du Grand Chelem. Il estime que l’épanouissement personnel passe davantage par le processus, les relations humaines et le développement individuel que par la simple acquisition d’un trophée.

« Je suis d’accord avec lui. Un titre du Grand Chelem serait un grand moment, mais cela ne résoudrait pas tous les problèmes ni ne garantirait un bonheur durable. J’ai appris que l’épanouissement vient davantage du processus, des gens qui vous entourent et du développement personnel que d’un seul trophée », a-t-il déclaré.

Enfin, Ruud aborde la question de la santé mentale et de l’importance de demander de l’aide en cas de besoin. Il met en avant l’efficacité des exercices de respiration, de la concentration sur des signaux simples et de l’acceptation de la pression comme des outils précieux pour gérer le stress avant les matchs importants.

« Des exercices de respiration, en me concentrant sur des signaux simples et en me rappelant que la pression est un privilège. J’essaie aussi d’accepter ma nervosité au lieu de la combattre. Grâce à l’aide d’un professionnel, j’ai appris que la force mentale est quelque chose que l’on peut entraîner, tout comme le coup droit », a-t-il conclu.

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