Washington – L’administration Trump semble s’engager résolument dans une prise de contrôle directe des ressources pétrolières vénézuéliennes, une stratégie qui s’accompagne de tensions croissantes sur la scène internationale et d’une approche inédite de la gestion des revenus pétroliers.
Le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, a annoncé mercredi que les États-Unis exerceraient un contrôle « indéfini » sur les flux pétroliers vénézuéliens. Cette déclaration intervient après l’annonce du président Trump selon laquelle le Venezuela « remettrait » jusqu’à 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis. Le président a précisé qu’il superviserait personnellement la gestion des revenus générés par ces ventes.
« Le pétrole sera vendu au prix du marché, et cet argent sera contrôlé par moi, en tant que président des États-Unis d’Amérique, pour garantir qu’il soit utilisé au profit des peuples du Venezuela et des États-Unis », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.
Compte tenu d’un prix actuel d’environ 56 $ le baril (environ 50 €), cette première vente pourrait rapporter jusqu’à 2,8 milliards de dollars (environ 2,6 milliards d’euros). Wright a expliqué lors d’un événement organisé par Goldman Sachs que les États-Unis vendraient d’abord les stocks de pétrole déjà présents au Venezuela – bloqués en partie à cause des sanctions américaines antérieures – avant de commercialiser toute nouvelle production. Les revenus seraient ensuite « déposés sur des comptes contrôlés par le gouvernement américain » puis « réinjectés au Venezuela pour le bénéfice de la population ».
« Nous allons autoriser l’importation de pièces, d’équipements et de services pour éviter l’effondrement de l’industrie, stabiliser la production, puis, le plus rapidement possible, relancer la croissance », a précisé Wright. Cette approche marque une rupture nette avec les sanctions strictes imposées au secteur pétrolier vénézuélien avant la destitution de Maduro.
Parallèlement, l’armée américaine a annoncé mercredi la saisie d’un pétrolier battant pavillon russe et la capture d’un autre navire, décrit comme « apatride », accusé de « mener des activités illicites en mer des Caraïbes ».
Des représentants de Chevron, ConocoPhillips et Exxon Mobil, les trois principales compagnies pétrolières américaines, doivent rencontrer le président Trump vendredi pour discuter des opportunités d’investissement au Venezuela. En 2023, les États-Unis produisaient environ 13 millions de barils de pétrole par jour, tandis que la consommation mondiale se situait autour de 103 millions de barils par jour en 2024, selon l’Energy Information Administration américaine.
Dans un autre dossier, le secrétaire d’État Marco Rubio soutient la volonté de Trump d’acquérir le Groenland, malgré les avertissements internationaux. Des sources législatives ont révélé lundi que le président envisageait d’acheter le territoire. Suite à la destitution de Maduro, les dirigeants européens ont réaffirmé à plusieurs reprises la souveraineté du Groenland, soulignant qu’il « appartient à son peuple ». Une déclaration commune publiée mardi a rappelé que les États-Unis, en tant qu’allié de l’OTAN, doivent respecter « les principes de la Charte des Nations Unies, y compris la souveraineté ».
L’Union européenne a adopté une position plus mesurée concernant le Venezuela. Une déclaration commune diffusée dimanche se contentait de confirmer la justification de l’administration Trump pour intervenir au Venezuela : « L’UE partage la priorité de lutter contre la criminalité transnationale organisée et le trafic de drogue, qui constituent une menace importante pour la sécurité mondiale. »