Publié le 8 janvier 2026 à 15h29. L’année 2026 pourrait être marquée par l’émergence de nouvelles menaces virales, exacerbées par le changement climatique, la densité de population et la mobilité accrue des individus. Des virus connus, comme la grippe et le mpox, ainsi que des virus moins connus, comme le virus Oropouche, suscitent l’inquiétude des experts.
- La grippe aviaire H5N1, détectée chez les vaches laitières aux États-Unis, pourrait muter et devenir transmissible entre humains.
- Le mpox, bien que moins virulent qu’en 2022, continue de circuler et deux souches distinctes sont en augmentation.
- Le virus Oropouche, transmis par des insectes piqueurs, étend sa zone géographique et pourrait poser un risque pour les voyageurs.
En tant que médecin et chercheur en maladies infectieuses, je suivrai de près l’évolution de ces virus en 2026, ainsi que d’autres menaces potentielles. L’évolution constante des virus, combinée à un climat changeant et à une population mondiale en croissance, crée un environnement propice à l’émergence de nouvelles épidémies.
Grippe A : une pandémie toujours possible
La grippe A représente une menace constante en raison de sa capacité à muter rapidement et à infecter un large éventail d’animaux. La pandémie de 2009, causée par le sous-type H1N1, a entraîné le décès de plus de 280 000 personnes dans le monde au cours de sa première année et le virus continue de circuler aujourd’hui. Initialement surnommée « grippe porcine » en raison de son origine chez les porcs au Mexique, cette souche s’est rapidement propagée à l’échelle mondiale.
Plus récemment, les scientifiques surveillent de près la grippe aviaire hautement pathogène, sous-type H5N1. Identifié pour la première fois chez l’homme dans le sud de la Chine en 1997, ce virus s’est propagé grâce aux oiseaux sauvages. En 2024, il a été détecté pour la première fois chez des vaches laitières aux États-Unis et s’est ensuite établi dans des troupeaux de plusieurs États. Cette propagation dans les mammifères suscite de vives inquiétudes quant à sa capacité à s’adapter aux humains. Des études suggèrent qu’il y a déjà eu de nombreuses transmissions de la vache à l’homme.
En 2026, les scientifiques continueront à rechercher des preuves que le H5N1 a suffisamment évolué pour être transmis d’humain à humain – une étape cruciale pour déclencher une nouvelle pandémie de grippe. Les vaccins antigrippaux actuels n’offrent probablement pas de protection contre le H5N1, mais des recherches sont en cours pour développer des vaccins efficaces. Des progrès sont réalisés dans ce domaine.
Mpox : une circulation mondiale persistante
Le virus Mpox, anciennement appelé virus Monkeypox, a été découvert pour la première fois dans les années 1950. Pendant des décennies, il est resté rare, principalement en Afrique subsaharienne. Contrairement à son nom, le virus infecte principalement les rongeurs et occasionnellement passe chez les humains.
Le mpox est étroitement lié à la variole et provoque une fièvre et une éruption cutanée douloureuse qui peuvent durer plusieurs semaines. Il existe plusieurs variétés de mpox, dont un clade I généralement plus sévère et un clade II plus doux. Un vaccin contre le mpox est disponible, mais il n’existe pas de traitement spécifique.
En 2022, une épidémie mondiale de mpox clade II s’est propagée à plus de 100 pays qui n’avaient jamais connu le virus auparavant. Cette épidémie est due à la transmission interhumaine par contact étroit, souvent lors de rapports sexuels.
Bien que le nombre de cas de mpox ait considérablement diminué depuis 2022, le clade II mpox s’est établi dans le monde entier. Plusieurs pays d’Afrique centrale ont également signalé une augmentation des cas de clade I mpox depuis 2024. Depuis août 2025, quatre cas de clade I mpox ont été recensés aux États-Unis, y compris chez des personnes n’ayant pas voyagé en Afrique.
L’évolution future des épidémies de mpox aux États-Unis et à l’étranger reste incertaine en 2026.
Virus Oropouche : une menace émergente
Le virus Oropouche a été identifié pour la première fois dans les années 1950 sur l’île de Trinidad. Il est transmis par les moustiques et les petits moucherons piqueurs, également appelés « no-see-ums ». La plupart des personnes infectées présentent de la fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires. La maladie dure généralement quelques jours, mais certains patients souffrent d’une faiblesse persistante.
Pendant des décennies, on a cru que les infections humaines étaient limitées à la région amazonienne. Cependant, à partir des années 2000, des cas ont commencé à apparaître dans une zone plus vaste, en Amérique du Sud, Amérique centrale et Caraïbes. Les cas aux États-Unis concernent généralement des voyageurs revenant de l’étranger.
En 2026, les épidémies d’Oropouche continueront probablement d’affecter les voyageurs dans les Amériques. Le moucheron piqueur porteur du virus Oropouche est présent en Amérique du Nord et du Sud, y compris dans le sud-est des États-Unis. La zone de répartition du virus pourrait continuer à s’étendre.
Autres menaces virales à surveiller
D’autres virus présentent également un risque en 2026. Les épidémies mondiales de virus chikungunya peuvent affecter les voyageurs, qui pourraient envisager une vaccination. Les cas de rougeole continuent d’augmenter aux États-Unis et dans le monde, en raison de la baisse des taux de vaccination. Le VIH pourrait connaître une résurgence malgré les traitements disponibles, en raison des perturbations de l’aide internationale.
Enfin, des virus encore inconnus pourraient émerger à l’avenir, en raison de la perturbation des écosystèmes et des voyages internationaux.
Partout dans le monde, les humains, les animaux et l’environnement sont interdépendants. La vigilance face aux menaces virales connues et émergentes, ainsi que le développement de nouveaux vaccins et traitements, sont essentiels pour assurer la sécurité de tous.