Publié le 8 janvier 2026 à 22h45. Suite à l’attentat de Berlin et à la coupure d’électricité qui s’en est suivie, l’Association allemande des districts (DLT) appelle à un renforcement urgent de la protection des infrastructures critiques et à une meilleure préparation aux crises à tous les niveaux de gouvernement.
- L’Association allemande des districts (DLT) réclame un investissement accru dans la protection des infrastructures critiques et la préparation aux crises.
- La DLT estime que le seuil de 500 000 habitants fixé par le projet de loi Kritis pour l’obligation de mesures de résilience est trop élevé, notamment en zones rurales.
- Le politicien du SPD, Sebastian Fiedler, plaide pour une adoption rapide de la loi Kritis afin de garantir un niveau de sécurité plus élevé.
L’attentat de Berlin, qui a plongé la capitale allemande dans l’obscurité pendant plusieurs jours, a mis en évidence la vulnérabilité des infrastructures essentielles. L’Association allemande des districts (DLT), qui représente les intérêts des communes, tire la sonnette d’alarme et exige une action immédiate pour renforcer la résilience du pays face aux menaces potentielles.
Selon un communiqué de presse publié ce jeudi 8 janvier 2026, la DLT considère cet incident comme « un signal clair pour que les gouvernements fédéral et des Länder développent systématiquement la protection des infrastructures critiques et la préparation obligatoire aux crises qui y sont associées – sur les plans organisationnel, technique et financier ». Le président de la DLT, Achim Brötel, a souligné que les districts sont déjà actifs dans la gestion des crises, mais que la résilience est un processus continu.
« Nous travaillons donc continuellement à développer davantage notre préparation, à identifier les points faibles et à améliorer les processus », a-t-il déclaré. Cela se traduit par des exercices réguliers, la mise à jour des plans d’urgence et la mise en place de redondances techniques, telles que des copies de données, des serveurs de secours ou des alimentations électriques alternatives, afin de garantir la continuité des services même en cas de panne.
La DLT insiste sur la nécessité de ressources financières stables pour la lutte contre les catastrophes et d’une coordination étroite entre les autorités fédérales, régionales et locales. Elle rappelle que les districts disposent déjà de structures résilientes, notamment des équipes de crise, des plans d’alerte et de coordination avec les pompiers, les services de secours et les organisations humanitaires comme la Croix-Rouge allemande. Les infrastructures sensibles, telles que les centres de contrôle ou les hôpitaux, sont généralement équipées d’alimentations de secours et de plans d’urgence.
Par ailleurs, des efforts sont déployés dans de nombreuses régions pour assurer l’approvisionnement et l’information de la population en cas de coupures prolongées.
La loi Kritis, un enjeu crucial
L’attentat de Berlin a relancé le débat sur la loi-cadre Kritis, destinée à obliger les exploitants de systèmes critiques à prendre des mesures pour renforcer la résilience des infrastructures. La DLT demande au Bundestag de modifier ce texte, estimant que le seuil actuel de 500 000 habitants est trop élevé.
« La majorité des particuliers et des entreprises sont desservis par des opérateurs qui se situent en dessous de ce seuil, notamment dans les zones rurales. »
Achim Brötel, président de la DLT
Selon la DLT, les obligations de précaution, les canaux de signalement et les normes minimales doivent être conçus pour avoir un impact à l’échelle nationale. L’administration publique, qui fait également partie de l’infrastructure critique, doit également être incluse dans le champ d’application de la loi.
Le politicien du SPD, Sebastian Fiedler, a également plaidé pour une adoption rapide de la loi Kritis. Lors d’une interview accordée à « vorwärts », il a souligné que cette loi permettrait de définir les infrastructures critiques les plus importantes, notamment dans les secteurs de l’énergie, de la santé, de l’eau, de l’alimentation, des transports et de la circulation.
« Pour la première fois, nous définissons dans une loi quels sont pour nous les domaines d’infrastructures critiques les plus importants. Cela s’applique en particulier au secteur économique, comme les fournisseurs d’énergie, mais aussi aux domaines de la santé, de l’eau, de l’alimentation, des transports et de la circulation. »
Sebastian Fiedler, politicien du SPD
Fiedler a promis que le Bundestag prendrait davantage en compte la situation des villes, des communes et des districts lors de l’examen de ce texte. « Nous discutons actuellement de la situation des communes, tant au sein de la coalition qu’entre le gouvernement fédéral et celui des Länder. C’est l’un des points pertinents des conseils juridiques en cours », a-t-il précisé. Il s’est dit convaincu qu’une solution équitable serait trouvée pour toutes les parties concernées.
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