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Dublin se déchaîne – Éanna Ní Lamhna sur la biodiversité de la capitale

by Nicolas Lefèvre

Publié le 9 janvier 2026 à 13h01. Une nouvelle édition du guide Dublin sauvage révèle l’étonnante biodiversité qui prospère au cœur et autour de la capitale irlandaise, des parcs aux rivières en passant par le littoral.

  • Dublin abrite 27 des 33 espèces de mammifères terrestres recensées en Irlande, ainsi que plusieurs espèces marines.
  • Pas moins de 255 espèces d’oiseaux ont été observées dans la région de Dublin, attirant les ornithologues amateurs.
  • Plus de 1 300 espèces de plantes ont été identifiées dans le comté de Dublin, témoignant d’une richesse botanique insoupçonnée.

Contrairement à une idée reçue, la biodiversité de l’Irlande, bien que moins importante que celle des grands pays européens continentaux, se révèle particulièrement riche dans les zones urbaines. C’est ce que démontre la nouvelle édition mise à jour de Dublin sauvage, signée Éanna Ní Lamhna, avec des photographies d’Anthony Woods et des illustrations de David Daly. L’ouvrage met en lumière la faune et la flore qui cohabitent avec les Dublinois, souvent à leur insu.

L’Irlande compte officiellement 33 espèces de mammifères terrestres. Sur ce total, 27 sont présentes dans la ville de Dublin, et au moins cinq espèces de mammifères marins fréquentent la baie de Dublin. Les oiseaux, eux, ne sont pas freinés par les infrastructures routières : 475 espèces ont été répertoriées sur la liste irlandaise, dont 255 dans la région de Dublin. Ce chiffre élevé s’explique par la présence de nombreux oiseaux migrateurs et de visiteurs occasionnels, repérés par des ornithologues passionnés le long de la côte.

Canetons dans la rivière Tolka, via le Jardin Botanique
Canetons dans la rivière Tolka, via le Jardin Botanique

La faune de Dublin ne se limite pas aux mammifères et aux oiseaux. L’Irlande possède une seule espèce de reptile indigène, le lézard, que l’on peut observer dans les jardins de la ville, au grand étonnement de certains propriétaires. Trois espèces d’amphibiens, dont les grenouilles et les tritons, sont également présentes. Seul le crapaud Natterjack, une espèce spécifique à la péninsule de Dingle et à la région ibérique, n’a pas été recensé à Dublin.

Le réseau hydrographique de Dublin, composé de deux canaux (Royal et Grand) et de trois rivières principales (Liffey, Dodder et Tolka), ainsi que de nombreux petits cours d’eau, abrite une grande variété de poissons d’eau douce. On y trouve des espèces indigènes telles que le saumon, la truite, l’anguille, l’épinoche, le méné, la loche et la lamproie, ainsi que des espèces introduites comme le rotengle, la perche, le gardon, le brochet, la tanche, la carpe et la brème, très prisées des pêcheurs urbains.

Un jeune cerf mature dans le parc Phoenix
Un jeune cerf mature dans le parc Phoenix

Dublin bénéficie d’un microclimat urbain légèrement plus chaud que les zones environnantes, en raison de la concentration de bâtiments en brique et en béton. Cette particularité, combinée à la présence de nombreux espaces verts, favorise la diversité végétale. Plus de 1 300 espèces de plantes ont été recensées dans le comté de Dublin, dont 358 entre le canal Royal et le Grand Canal, selon une étude datant de 1984.

La préservation des prairies non tondues en mai contribue à accroître la biodiversité. De nombreuses initiatives ont été lancées après la pandémie de Covid-19 pour améliorer la biodiversité des espaces locaux, les Dublinois ayant pris conscience de leur environnement immédiat pendant les périodes de confinement en 2020 et 2021.

Éanna Ni Lamhna
Éanna Ni Lamhna

La ville abrite également une belle collection d’arbres matures, souvent présents sur les terrains des bâtiments anciens. Le peuplier argenté le plus grand d’Irlande se trouve d’ailleurs dans le jardin public du parc Phoenix. Les jardins botaniques, le Trinity College et les anciens jardins botaniques de Ballsbridge constituent également des havres de paix pour les arbres remarquables.

« Ce qui est étonnant, c’est le nombre et la variété de plantes et d’animaux présents dans les limites de la ville de Dublin. »

Éanna Ní Lamhna, experte en faune

Les jardins privés, les parcs, les cimetières, les haies (19,6 kilomètres d’haies subsistent à Dublin), le littoral, les rivières, les canaux et les étangs offrent une multitude d’habitats où la faune peut prospérer. On y trouve des milliers d’espèces d’invertébrés, ainsi que 28 des 35 espèces de papillons et 20 des 33 espèces de libellules recensées en Irlande. Pas moins de 19 des 28 espèces de cloportes présentes naturellement en Irlande ont été découvertes dans les différents habitats de Dublin. Les preuves de la présence de nombreuses autres espèces, telles que les abeilles, les guêpes, les papillons de nuit, les coléoptères et les éphémères, sont conservées au Musée d’histoire naturelle de Merrion Street.

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Dublin sauvage est publié aux éditions The O’Brien Press.

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