Publié le 9 janvier 2026 à 07h35. L’Iran est le théâtre de manifestations antigouvernementales de plus en plus vives, réprimées avec fermeté par les autorités, tandis que le guide suprême accuse les États-Unis d’instrumentaliser le mécontentement populaire.
- Le guide suprême iranien a promis une répression des protestataires après des nuits de contestation.
- Donald Trump a réaffirmé son soutien aux manifestants et menacé l’Iran de représailles en cas de violence.
- Des coupures d’Internet et de communications ont été mises en place pour entraver la diffusion d’informations.
Les manifestations, qui ont débuté fin décembre, sont alimentées par les difficultés économiques persistantes en Iran et se sont transformées en un défi majeur pour le gouvernement. Elles représentent également un test pour l’influence du prince héritier Reza Pahlavi, qui a appelé à la mobilisation.
L’ayatollah Ali Khamenei a accusé le président américain Donald Trump d’avoir les mains « tachées du sang des Iraniens », alors que des partisans scandaient « Mort à l’Amérique ! » lors d’une retransmission télévisée. Il a dénoncé les manifestants, les accusant de détruire les rues pour satisfaire un dirigeant étranger.
Les protestataires, de leur côté, expriment leur colère face à la situation économique et politique du pays. Des vidéos diffusées en ligne, malgré les restrictions de communication, montrent des rassemblements et des chants antigouvernementaux. Les médias d’État iraniens imputent les violences à des « agents terroristes » affiliés aux États-Unis et à Israël, faisant état de « victimes » sans fournir de détails.
La situation est d’autant plus tendue que les autorités iraniennes ont coupé l’accès à Internet et aux appels téléphoniques internationaux, rendant difficile l’évaluation de l’ampleur réelle des manifestations. Cette coupure a également affecté les médias publics et semi-officiels iraniens.
Donald Trump a réitéré sa menace envers l’Iran, avertissant que le pays devra « payer l’enfer » s’il réprime violemment les manifestants. Dans une interview, il a déclaré :
« On a dit très fortement à l’Iran, encore plus fortement que je ne vous le dis maintenant, que s’il fait cela, il devra payer l’enfer. »
Donald Trump, président des États-Unis
Le prince héritier Reza Pahlavi a également appelé à la mobilisation, exhortant les dirigeants européens à se joindre à Donald Trump pour « demander des comptes » au régime iranien. Il a déclaré :
« Je les appelle à utiliser toutes les ressources techniques, financières et diplomatiques disponibles pour rétablir la communication avec le peuple iranien afin que sa voix et sa volonté puissent être entendues et vues. Ne laissez pas les voix de mes courageux compatriotes se taire. »
Reza Pahlavi, prince héritier
Selon l’agence de presse Human Rights Activists, basée aux États-Unis, au moins 42 personnes ont été tuées et plus de 2 270 arrêtées depuis le début des manifestations. Holly Dagres, chercheuse principale au Washington Institute for Near East Policy, souligne que les appels de Reza Pahlavi à manifester ont joué un rôle crucial dans l’intensification des protestations. Elle a déclaré :
« Ce qui a renversé le cours des manifestations, ce sont les appels de l’ancien prince héritier Reza Pahlavi aux Iraniens pour qu’ils descendent dans la rue à 20 heures jeudi et vendredi. D’après les publications sur les réseaux sociaux, il est devenu clair que les Iraniens avaient tenu parole et prenaient au sérieux l’appel à manifester pour renverser la République islamique. »
Holly Dagres, chercheuse principale au Washington Institute for Near East Policy
L’Iran a connu plusieurs manifestations à l’échelle nationale ces dernières années, exacerbées par les sanctions économiques et la dévaluation de sa monnaie, le rial (qui a atteint 1 400 000 rials pour 1 dollar en décembre). La réponse des autorités iraniennes à ces protestations reste incertaine, mais la situation pourrait évoluer rapidement.
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