Publié le 9 janvier 2026 17h12. Le détaillant de luxe américain Saks Global Enterprises se prépare à déposer le bilan, une décision motivée par des difficultés financières persistantes et l’échec des négociations pour une restructuration de sa dette.
- Saks envisage de se placer sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites dès dimanche.
- L’entreprise négocie un financement de 1,25 milliard de dollars (environ 1,15 milliard d’euros) pour poursuivre ses activités pendant la procédure judiciaire.
- Cette situation marque un tournant pour le groupe, qui avait lancé il y a un an un ambitieux plan de relance.
Saks Global Enterprises, confronté à des difficultés financières croissantes, est sur le point de déposer une demande de protection judiciaire relevant du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Selon des sources proches du dossier, cette décision pourrait intervenir dès dimanche, bien que le calendrier exact puisse encore évoluer.
L’entreprise n’a pour l’instant pas trouvé d’accord de restructuration définitif et compte négocier les termes d’un tel accord dans les semaines à venir. Elle est en négociations avancées avec ses créanciers pour obtenir un financement de 1,25 milliard de dollars, un mécanisme dit de “débiteur-exploitant” (debtor-in-possession) qui lui permettrait de continuer à fonctionner tout en restructurant sa dette et en honorant ses obligations envers ses fournisseurs.
Ces dernières semaines, les discussions avec les prêteurs ont été tendues, ces derniers exprimant leur frustration face à la situation financière de Saks et à la gestion de l’entreprise. L’obtention de ce financement serait un succès majeur pour Saks, d’autant plus que les investisseurs en dette en difficulté ont récemment exprimé leur mécontentement suite à la faillite de Premier Brands Group, une entreprise avec laquelle ils partagent certains créanciers.
Avant d’en arriver là, Saks avait envisagé d’autres options pour améliorer sa situation de trésorerie, notamment la recherche de financements d’urgence ou la vente d’actifs. Cependant, compte tenu de l’ampleur de ses besoins financiers, la faillite est désormais considérée comme inévitable. Saks n’a pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires. Un porte-parole de PJT Partners Inc., conseiller financier de l’entreprise, s’est également abstenu de tout commentaire.
Ce dépôt de bilan, si confirmé, constituerait un revers important pour Saks, qui compte plus de 150 ans d’histoire. L’entreprise avait lancé il y a un an un plan de relance ambitieux, incluant notamment l’acquisition de Neiman Marcus. La crise actuelle a incité les clients à utiliser rapidement leurs cartes cadeaux et autres avantages, tandis que les décisions de la direction, notamment celles de Richard Boulanger, président exécutif et chef de la direction, ont été remises en question.
Le plan de restructuration envisagé prévoit la consolidation d’une partie de la dette existante, en distinguant les créanciers “senior” et “subordonnés”. Les détenteurs d’environ 75 % des bons du véhicule ad hoc Saks et la majorité de sa dette “subordonnée” pourraient accorder un prêt d’environ 1 milliard de dollars pour soutenir le processus de faillite. Les prêteurs du prêt adossé à des actifs pourraient également convertir leur dette en un apport supplémentaire de 250 millions de dollars en liquidités. Les détenteurs d’obligations pourraient accepter d’injecter 500 millions de dollars supplémentaires lorsque l’entreprise sortira de la faillite.
© 2026, Bloomberg.
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