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La science révèle que le poids revient quatre fois plus vite qu’avec un régime

by Sophie Martin

Publié le 9 janvier 2024 16h30. L’engouement pour les médicaments comme l’Ozempic, initialement destinés au traitement du diabète, s’estompe face à une réalité scientifique : la reprise de poids est quasi inévitable à l’arrêt du traitement, et les bénéfices cardiovasculaires sont éphémères. Une étude d’Oxford révèle l’importance d’une approche globale pour lutter contre l’obésité.

  • Les patients reprennent en moyenne 0,4 kg par mois après l’arrêt de l’Ozempic.
  • Cet effet rebond est plus rapide qu’après un régime classique ou un programme d’activité physique.
  • Les bénéfices cardiovasculaires observés pendant le traitement disparaissent en moyenne 18 mois après l’arrêt.

L’ère des médicaments considérés comme des solutions miracles contre l’obésité entre dans une phase plus réaliste, marquée par une meilleure compréhension de leurs effets à long terme. Si les premières années ont été marquées par des témoignages spectaculaires de pertes de poids rapides grâce à des médicaments comme l’Ozempic, les recherches scientifiques récentes apportent désormais des réponses plus nuancées, notamment concernant ce qui se passe une fois le traitement interrompu.

Une étude menée par l’Université d’Oxford, analysant les données de plus de 9 300 adultes participant à 37 essais cliniques différents, a révélé que les patients reprennent du poids à un rythme de 0,4 kg par mois après l’arrêt du traitement. Ce chiffre, bien que modeste en apparence, est significatif lorsqu’on le compare à d’autres méthodes de perte de poids. L’étude précise que dans le cadre de programmes comportementaux axés sur l’alimentation et l’activité physique, la reprise de poids est de seulement 0,1 kg par mois.

Ainsi, l’effet rebond des médicaments minceurs conduit à retrouver son poids initial en environ un an et demi, tandis qu’un changement durable des habitudes alimentaires et d’exercice prend environ quatre ans pour observer une reprise de poids comparable. Cette différence souligne l’importance d’une approche à long terme pour maintenir une perte de poids durable.

Au-delà de la simple perte de poids, la science a mis en évidence la capacité de ces médicaments à réduire le risque de crise cardiaque et à améliorer la santé métabolique. Cependant, ces effets bénéfiques semblent également temporaires. L’étude d’Oxford a constaté qu’environ un an et demi après l’arrêt du traitement, la majorité des marqueurs cardiométaboliques reviennent à leurs niveaux initiaux. Par exemple, la tension artérielle augmente, les indicateurs liés au diabète s’inversent et le taux de cholestérol total remonte à des niveaux à risque.

Les chercheurs avancent que cette reprise rapide pourrait être liée à la manière dont ces médicaments agissent sur notre propre biologie. L’injection de fortes doses d’agonistes du GLP-1 (une hormone produite naturellement en petites quantités lors de la digestion) pourrait déstabiliser les récepteurs cellulaires ou même bloquer la production naturelle de cette hormone, responsable de la sensation de satiété. Lorsque le médicament est arrêté, le système hormonal met du temps à se rétablir, ce qui entraîne une augmentation de l’appétit et une reprise de poids.

Cette réalité remet en question l’idée d’une solution miracle. Les données montrent que la plupart des patients interrompent le traitement après 12 mois en raison de son coût élevé, de la fatigue liée aux injections ou des effets secondaires. De plus, il est essentiel de comprendre que ces médicaments ne sont qu’une aide à l’autorégulation et doivent impérativement être accompagnés d’un changement durable des habitudes alimentaires et d’une activité physique régulière.

Cette méta-analyse marque un tournant dans la perception de ces médicaments. Si les agonistes du GLP-1 sont indéniablement efficaces, ils ne constituent pas un remède. Les considérer comme une solution rapide et temporaire risque de conduire à un effet yo-yo plus prononcé que les régimes traditionnels. La solution, selon les chercheurs d’Oxford, réside dans une approche globale, incluant des politiques publiques favorisant une alimentation saine (taxes sur les aliments ultra-transformés, aides à l’achat de fruits et légumes) et un environnement encourageant l’activité physique. Sans ces changements structurels, le médicament ne représente qu’une trêve temporaire dans une lutte que le corps est programmé pour gagner.

Images | David Trinks Towfiqu barbhuiya

Si vous voulez un médicament « miracle » pour perdre du poids, vous ne vous tournez plus vers Ozempic : la concurrence commence à le surpasser

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