La Commission européenne tire la sonnette d’alarme concernant la consommation d’infusions et autres préparations à base de graines de fenouil. Des analyses ont révélé la présence d’estragol, un composé naturel suspecté d’être cancérigène et potentiellement dangereux pour la santé, en particulier pour les femmes enceintes, les mères allaitantes et les nourrissons.
C’est l’Allemagne qui a donné l’alerte, signalant la présence d’estragol dans des produits destinés aux bébés. L’Agence européenne de sécurité sanitaire (EFSA) a été saisie pour réévaluer les risques liés à cette substance, présente non seulement dans les graines de fenouil doux et amer – souvent utilisées dans les tisanes – mais aussi dans certains mélanges d’épices et compléments alimentaires.
À ce stade, les scientifiques de l’EFSA n’ont pas été en mesure de déterminer un niveau d’exposition à l’estragol considéré comme sûr. La Commission européenne estime donc que la consommation de préparations à base de graines de fenouil pourrait présenter un risque pour la santé, en particulier pour les groupes vulnérables. « Sur la base des données disponibles, les scientifiques de l’Efsa n’ont pas pu établir de niveau sûr d’exposition à l’estragol », a déclaré la Commission.
Cette alerte est d’autant plus préoccupante que le fenouil est traditionnellement utilisé pour favoriser la lactation chez les femmes qui allaitent et pour soulager les coliques chez les nourrissons. De nombreuses tisanes commercialisées comme « galactogènes » en contiennent donc. Il est donc conseillé de vérifier attentivement la composition des tisanes avant de les consommer, en attendant les conclusions définitives de l’EFSA, attendues d’ici novembre 2026.
Certains fabricants ont déjà mis en place des procédés pour éliminer l’estragol de leurs produits, qui sont alors considérés comme sûrs par l’EFSA. Il est cependant essentiel que cette information soit clairement communiquée aux consommateurs. L’estragol est également le principal constituant de l’huile essentielle d’estragon, un point à garder à l’esprit.
L’EFSA avait déjà évoqué, dès 2005, la cancérogénicité et la génotoxicité de l’estragol dans un rapport précédent.