Publié le 10 janvier 2024 à 22:51:00. La soirée de boxe d’Oberhausen a pris une tournure inattendue, marquée par une entrée sur le ring particulièrement provocatrice du boxeur polonais Damian Knyba et une défaite rapide face à Agit Kabayel, suscitant des réactions passionnées et des parallèles avec le passé.
- Damian Knyba a suscité la controverse en arborant des symboles patriotiques polonais lors de son entrée sur le ring, notamment une chanson chargée d’histoire.
- Agit Kabayel a dominé le combat, menant à un arrêt de l’arbitre au troisième round et infligeant la première défaite professionnelle à Knyba.
- L’événement a ravivé des souvenirs de confrontations passées, notamment celles impliquant Artur Gołota, et a soulevé des questions sur la pertinence de l’utilisation de symboles nationaux dans le sport.
L’atmosphère était électrique à la salle d’Oberhausen, où le champion du monde par intérim Agit Kabayel, d’origine kurde et né en Allemagne, était considéré comme le grand favori face au challenger polonais Damian Knyba. Si les jours précédant le gala n’avaient pas révélé de tensions particulières entre les deux boxeurs lors des événements officiels, les déclarations de Knyba laissaient présager une stratégie agressive, axée sur un knock-out, consciente des difficultés à remporter le combat aux points.
L’entrée sur le ring de Knyba a immédiatement capté l’attention. Portant un costume orné de grandes ailes de hussard et accompagné de deux chevaliers en armure médiévale, le boxeur polonais a choisi une mise en scène spectaculaire. Mais c’est surtout le choix de la musique qui a provoqué une vive réaction. Au lieu d’un morceau contemporain, Knyba a opté pour « Rota », un chant patriotique polonais emblématique, écrit en 1908 en réponse à la persécution des Polonais sous la domination prussienne. L’objectif était clair : exacerber le sentiment national et rappeler les valeurs fondamentales de la nation polonaise.
Cependant, dans le contexte actuel, marqué par le conflit en Ukraine et l’hostilité envers la Russie, le choix de ce chant a été perçu comme une provocation par le public allemand. Des sifflets ont retenti dès les premières notes, et le volume a été considérablement réduit lorsque les paroles « L’Allemand ne nous crachera pas au visage » ont été entonnées. L’annonceur a alors appelé Kabayel sur le ring, suscitant l’enthousiasme des fans qui scandaient le nom du champion.
Le combat a rapidement basculé en faveur de Kabayel. Après un premier round prometteur de Knyba, le champion a pris le contrôle, frappant méthodiquement le torse de son adversaire avant de concentrer ses attaques sur la tête. Au troisième round, Knyba était visiblement en difficulté, et l’arbitre a finalement décidé d’arrêter le combat pour protéger sa santé, infligeant ainsi la première défaite professionnelle au « Hussard polonais » (17-1, 11 KO).
Cette défaite a suscité de vives réactions. Tomasz Ratajczak, historien de l’art et doyen adjoint de la Faculté des sciences de l’art de l’Université Adam Mickiewicz de Poznań, a déclaré sur le portail X :
« Je regrette amèrement la défaite nette de Knyba et la mise en péril des symboles patriotiques, mais pendant un instant, j’ai eu l’impression d’être aux combats de Gołota il y a trente ans. Et pour cela, je remercie notre boxeur. »
Tomasz Ratajczak, historien de l’art

