Après plusieurs jours de combats intenses, les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance dominée par les Kurdes, ont accepté de se retirer d’Alep, dans le nord de la Syrie. L’évacuation de combattants et de civils des quartiers de Cheikh-Maqsoud et Achrafieh a débuté dimanche 11 janvier 2026, après un accord de cessez-le-feu.
Selon un communiqué des FDS, l’accord prévoit l’évacuation des combattants, des blessés, des civils pris au piège et des personnes décédées des quartiers d’Achrafieh et de Cheikh-Maqsoud vers le nord et l’est de la Syrie. L’agence officielle syrienne SANA a confirmé que le dernier groupe de membres des FDS a quitté Cheikh-Maqsoud à bord de bus en direction du nord-est du pays.
Samedi, les autorités syriennes avaient annoncé la reddition des combattants kurdes retranchés dans Alep et leur évacuation vers la zone autonome kurde du nord-est. Les FDS avaient démenti ces affirmations, les qualifiant de « totalement fausses ».
Les affrontements, les plus violents à Alep depuis la chute du régime de Bachar Al-Assad en décembre 2024, ont fait au moins 21 morts parmi les civils et déplacé environ 155 000 personnes, selon les données officielles.
La situation a suscité des réactions internationales. Les États-Unis ont appelé au dialogue entre les parties, et l’émissaire américain Tom Barrack a exhorté à la « retenue » et à la fin des hostilités après une rencontre avec le président Ahmed Al-Chaarah. L’Union européenne a également appelé à une reprise « urgente » du dialogue politique et à la cessation des combats dans et autour d’Alep.
Ces combats interviennent alors qu’un accord conclu en mars dernier, visant à intégrer les institutions civiles et militaires de l’administration autonome kurde au sein de l’État syrien, n’a pas encore été mis en œuvre. L’armée syrienne avait déjà pris le contrôle d’Achrafieh, l’autre quartier tenu par les Kurdes, avant d’annoncer la fin de ses opérations à Cheikh-Maqsoud.
Des témoins de l’Agence France-Presse ont vu au moins cinq bus transportant des hommes escortés par les forces de sécurité quitter Cheikh-Maqsoud. Les FDS, cependant, ont dénoncé le transfert forcé de civils vers des destinations inconnues. Des familles hagardes ont pu quitter la zone des combats, mais des dizaines de jeunes hommes ont été mis à l’écart et embarqués dans des bus sous surveillance.
La reprise des hostilités a également soulevé des craintes d’une escalade régionale. La Turquie s’est dite prête à intervenir aux côtés des autorités syriennes, tandis qu’Israël a pris la défense des Kurdes.
Depuis la chute de Bachar Al-Assad, le gouvernement syrien s’est engagé à protéger les minorités, mais les combats à Alep représentent le troisième épisode de violences impliquant des minorités après des massacres d’alaouites en mars et des affrontements avec les druzes en juillet.
Les Kurdes, qui ont profité du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour prendre le contrôle de vastes territoires dans le nord et le nord-est de la Syrie, y compris des champs pétroliers et gaziers, réclament un système de gouvernance décentralisé, une demande rejetée par Damas.
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