Publié le 10 janvier 2023 17:55:00. Des manifestations antigouvernementales se poursuivent en Iran, malgré une répression croissante des forces de l’ordre, faisant craindre une nouvelle escalade des violences dans le pays.
- Les protestations, initialement déclenchées par la hausse du coût de la vie, se sont étendues à l’ensemble du territoire iranien.
- Au moins 21 personnes, dont des membres des forces de sécurité, ont été tuées depuis le début des troubles, selon un décompte de l’AFP.
- Des manifestants rapportent l’utilisation de gaz lacrymogènes, de plombs et de fusils de chasse par la police pour disperser les foules.
Les manifestations qui secouent l’Iran depuis fin décembre témoignent d’un mécontentement profond face à la situation économique et sociale du pays. La colère populaire, alimentée par la dévaluation de la monnaie nationale et l’augmentation des prix, s’est propagée rapidement à travers les principales villes, dont Téhéran et Machhad. Des centaines de personnes ont bravé la répression pour exprimer leur frustration et réclamer des changements.
Un témoin, qui a requis l’anonymat par mesure de sécurité, a décrit à l’AFP les scènes auxquelles il a assisté à Machhad mercredi soir. Il raconte s’être joint à une foule de manifestants, malgré le risque d’arrestation ou de blessure.
« La police cible les gens avec des plombs, des gaz lacrymogènes et des fusils de chasse. Au début, les gens se sont dispersés, mais ils se sont à nouveau rassemblés, se rassemblant dans les rues jusqu’aux petites heures du matin. »
Majid, témoin anonyme
Ce témoin, identifié uniquement sous le pseudonyme de Majid, a également exprimé sa détermination à poursuivre la lutte pour un avenir meilleur :
« Nous savons que si nous y allons, nous ne survivrons peut-être pas, mais nous y allons, et nous y irons pour avoir un avenir meilleur. »
Majid, témoin anonyme
Ces troubles interviennent dans un contexte de tensions sociales déjà vives en Iran. L’année 2022 et 2023 avaient été marquées par de violentes manifestations suite à la mort de Mahsa Amini, une jeune femme décédée en détention après avoir été arrêtée pour non-respect du code vestimentaire strict imposé aux femmes. Ces protestations, également réprimées avec force, avaient révélé un profond malaise au sein de la population iranienne. L’organisation non gouvernementale Iran Human Rights, basée en Norvège, fait état de dizaines de morts depuis le début des troubles actuels, bien que les chiffres officiels soient plus bas, incluant également des membres des forces de l’ordre.
La situation reste très volatile et l’évolution des événements est difficile à prévoir. Les autorités iraniennes n’ont pas encore réagi officiellement aux dernières manifestations, mais ont déjà fait preuve d’une fermeté implacable face aux mouvements de contestation.
À lire aussi
