L’ancien chancelier conservateur Nadhim Zahawi a créé la surprise en rejoignant le Parti réformiste, apportant ainsi un soutien de poids à Nigel Farage à quelques semaines des élections générales. Cette décision intervient après des mois de critiques à l’égard du gouvernement conservateur et marque un nouveau coup dur pour le parti au pouvoir.
L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse à Londres, où M. Farage a présenté M. Zahawi comme une recrue précieuse. L’homme politique d’origine irakienne, qui a occupé divers postes ministériels sous les gouvernements de David Cameron, Theresa May, Boris Johnson et Rishi Sunak, a justifié son choix par un constat alarmant de la situation actuelle du Royaume-Uni.
« La Grande-Bretagne est à la dernière chance », a déclaré M. Zahawi dans un message vidéo diffusé avant la conférence de presse. « Nous avons vraiment besoin de Nigel Farage comme Premier ministre. » Il a dénoncé un manque de croissance économique, une criminalité croissante et une immigration illégale massive, qualifiant la situation d’« urgence nationale ». Il a ajouté : « J’ai décidé que l’équipe qui sera à la hauteur de cette nation sera l’équipe que Nigel constituera, et c’est pourquoi j’ai décidé de rejoindre Reform UK. »
Ce revirement est d’autant plus frappant que M. Zahawi avait par le passé exprimé des opinions très critiques à l’égard de M. Farage. En 2014, il affirmait qu’il était « conservateur toute ma vie et [qu’il] mourrait conservateur ». L’année suivante, il craignait que la politique de M. Farage ne soit discriminatoire envers des personnes comme lui, des citoyens britanniques nés à l’étranger.
M. Farage, pour sa part, avait ironisé sur les ambitions de M. Zahawi après sa nomination au poste de chancelier, estimant qu’il ne cherchait qu’à « grimper sur ce poteau graisseux ».
L’ancien député de Stratford-on-Avon avait été contraint de démissionner de son poste de chancelier et de son mandat parlementaire suite à des controverses concernant ses déclarations fiscales. Il avait notamment été ministre des Vaccins sous Boris Johnson pendant la pandémie de Covid-19.
M. Zahawi n’est pas le seul ancien conservateur à rejoindre le Parti réformiste ces dernières semaines. Nadine Dorries, Danny Kruger, Andrea Jenkyns et d’autres ont déjà fait le choix de quitter le parti au pouvoir.
Arrivé en Grande-Bretagne dans les années 1970 en tant que réfugié kurde fuyant le régime de Saddam Hussein, M. Zahawi a connu un parcours remarquable, passant d’un statut de nouvel arrivant ne parlant pas anglais à celui de riche entrepreneur et homme politique influent. Il a fondé la société de sondage YouGov et a constitué un patrimoine immobilier estimé à 100 millions de livres sterling (environ 117 millions d’euros).
Lors de la conférence de presse, M. Zahawi a également été interrogé sur la participation du Parti réformiste à un événement l’année précédente, animé par un militant anti-vaccin qui avait lié le vaccin au cancer du roi Charles. Il a qualifié cette question de « vraiment stupide » et a refusé d’y répondre.
Les conservateurs ont réagi en qualifiant M. Zahawi de « politicien dépassé à la recherche de sa prochaine opportunité », tandis que le Parti travailliste a dénoncé un « homme politique discrédité » et a souligné le manque de cohérence du Parti réformiste.
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