Washington, D.C. – La volonté affichée par l’administration Trump de relancer l’industrie pétrolière vénézuélienne se heurte à la prudence d’Exxon Mobil, qui estime que les conditions ne sont pas encore réunies pour un retour significatif dans le pays. Le président américain a même menacé d’écarter le géant pétrolier du marché vénézuélien, jugeant sa réponse à ses appels trop timide.
Donald Trump a exprimé son mécontentement à bord d’Air Force One dimanche 12 janvier 2026, déclarant : « Je n’ai pas aimé la réponse d’Exxon. Nous sommes tellement nombreux à le vouloir. Je serais probablement enclin à laisser Exxon à l’écart. Ils jouent trop mignons. » Ces propos interviennent après que Darren Woods, PDG d’Exxon Mobil, a publiquement estimé que le Venezuela, dans son état actuel, ne présentait pas de perspectives d’investissement viables.
Lors d’une réunion à la Maison Blanche le vendredi 9 janvier 2026, en présence d’autres dirigeants du secteur pétrolier américain, M. Woods a souligné qu’Exxon aurait besoin de « quelques changements assez importants » pour envisager un troisième retour au Venezuela. Il a précisé que l’entreprise attend des garanties concernant le cadre commercial, le système juridique, la législation sur les hydrocarbures et, surtout, des protections d’investissement « durables ». « Nous sommes convaincus qu’avec cette administration et le président Trump travaillant main dans la main avec le gouvernement vénézuélien, ces changements pourront être mis en place », a-t-il déclaré, ajoutant qu’Exxon était prête à envoyer une équipe technique pour évaluer l’état actuel de l’industrie pétrolière vénézuélienne.
L’administration Trump pousse activement pour que les compagnies pétrolières américaines investissent au moins 100 milliards de dollars (environ 92,5 milliards d’euros) dans le secteur énergétique vénézuélien, promettant un soutien gouvernemental en matière de sécurité. Cette initiative fait suite à une opération militaire américaine menée le 3 janvier 2026 visant à destituer le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores.
Interrogé sur les mesures de sécurité qui accompagneraient ces investissements, M. Trump s’est montré évasif, se contentant d’affirmer : « Nous aurons des garanties. Ils ont eu des problèmes dans le passé parce qu’ils n’avaient pas Trump comme président. »
Si le Venezuela, qui détient les plus importantes réserves de pétrole au monde, représente une opportunité potentielle, les compagnies pétrolières américaines se montrent prudentes. À ce stade, Chevron est la seule grande entreprise pétrolière américaine encore active au Venezuela.
Les actions d’Exxon Mobil ont légèrement baissé, de moins de 1 %, lundi matin suite à ces déclarations.
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