Grenoble se positionne de plus en plus comme un vivier de talents pour la Ligue nationale de hockey (LNH). Après Cristobal Huet, c’est au tour d’Alexandre Texier d’accéder à la prestigieuse ligue nord-américaine, confirmant l’essor du club français comme tremplin vers les plus grands affrontements du hockey sur glace.
L’effervescence règne à la patinoire Polesud de Grenoble, un dimanche après-midi. Les supporters des Brûleurs de Loups, fondés en 1963, arborent fièrement les couleurs de leur équipe, galvanisés par la récente performance d’Alexandre Texier. Lors d’une pause du match contre Cergy, les trois buts marqués par le jeune prodige français avec le Canadien de Montréal la semaine précédente sont diffusés, suscitant l’enthousiasme général.
« J’ai toujours cru en lui et je suis contente que Montréal l’ait pris. On le sent vraiment bien à Montréal et je pense qu’il va aller loin », s’exclame Monique, casquette du Tricolore vissée sur la tête, aux côtés de son mari Jean-Luc.
La fierté est palpable, notamment chez Fabrice Texier, le père d’Alexandre et entraîneur de la relève des Brûleurs de Loups. « C’est énormément de fierté. C’est un club tellement mythique en France et l’un des plus reconnus, les Canadiens de Montréal. Je pense qu’Alexandre a entrouvert certaines portes et ça laisse des espoirs à beaucoup de jeunes », confie-t-il.
L’impact de la présence d’un joueur grenoblois en LNH est significatif pour le club. Matias Bachelet, un attaquant prometteur de 22 ans, explique : « Ça nous permet de voir que c’est quand même possible. Je pense qu’il y a beaucoup de personnes au Canada qui ne savent pas vraiment qu’on fait du hockey. C’est sûr que c’est un sport qui reste mineur ici, mais on joue quand même et ça se développe doucement, mais sûrement. »
Le succès d’Alexandre Texier inspire les jeunes joueurs, même s’ils restent conscients des défis à relever. « Je ne sais pas si ça nous permet de rêver à la Ligue nationale, on sait quand même que c’est quasiment inatteignable, mais ça nous permet de voir que c’est quand même possible et pourquoi pas déjà de rêver d’une belle carrière en Europe ? », nuance Matias Bachelet.
Selon Julien Baylacq, directeur du centre de formation des Brûleurs de Loups, la clé de ce succès réside dans la formation. « On essaye de travailler pour qu’on ait de plus en plus d’Alexandre Texier, même si ce n’est pas facile. On n’en a pas tous les quatre matins, mais c’est sûr que la formation fait partie d’une pièce maîtresse pour qu’il y ait de la réussite au bout », souligne-t-il.
La présence de joueurs québécois au sein des Brûleurs de Loups, dont Nicolas Deschamps, 36 ans, témoigne de l’attractivité du club. « Le centre de formation ici, il fait un super boulot pour aider les jeunes à se développer, parce qu’on sait que c’est quand même le troisième sport national ici », estime Deschamps, qui considère les Brûleurs de Loups comme la meilleure organisation de hockey de France. « Les jeunes, les plus vieux, les étrangers comme moi, ils vont venir jouer à Grenoble, c’est sûr. »
Christophe Boivin, 29 ans, apprécie également le niveau de la ligue française. « Les joueurs qui en début vingtaine peuvent se faire voir, se faire repêcher, aller dans un autre championnat d’Europe qui est un peu plus relevé, comme en Suède, en Finlande, peuvent se permettre après d’aller jouer au Canada. Je pense que c’est un parcours qui est plus typique pour se rendre à la Ligue nationale », explique-t-il. Bien qu’il reconnaisse que ses propres chances d’intégrer la LNH sont minces, il savoure son expérience à Grenoble. « J’ai 29 ans et mes chances d’aller jouer dans la Ligue nationale sont pas mal terminées, c’est pour ça que je joue ici, pour avoir du plaisir, avoir ma petite carrière à moi en Europe. »
Grenoble, terre de hockey, continue ainsi d’écrire son histoire et d’ouvrir la voie à de futurs espoirs de la LNH.