Publié le 12 janvier 2024 15:09:00. Les infections invasives à streptocoque du groupe A (SGAi), potentiellement mortelles, nécessitent une vigilance accrue, notamment chez les jeunes enfants, les personnes âgées et les femmes en couches. Une nouvelle politique de prescription d’antibiotiques aux familles des patients a permis de réduire significativement le risque de contagion, mais celui-ci reste élevé.
- Depuis janvier 2023, tous les membres des foyers d’un patient atteint d’une SGAi se voient proposer une antibioprophylaxie.
- Cette mesure a réduit de cinq fois le risque de transmission au sein des familles.
- Malgré cette amélioration, le risque de contracter une SGAi reste soixante-dix fois plus élevé pour les proches d’un patient que pour la population générale.
Les infections invasives à streptocoque du groupe A (SGAi) peuvent évoluer vers des complications graves, voire mortelles. Parmi celles-ci figurent le sepsis (empoisonnement du sang), la fièvre puerpérale, la fasciite nécrosante – une infection dévorant les tissus – et le syndrome de choc toxique, pouvant entraîner une défaillance d’organes vitaux. Le taux de mortalité associé à ces infections reste préoccupant, atteignant environ 10 % des patients touchés.
Jusqu’en 2023, la prescription d’antibiotiques aux contacts familiaux était limitée aux cas les plus sévères d’iGAS, notamment la fasciite nécrosante et le syndrome de choc toxique. Cependant, une augmentation notable du nombre de cas signalés après la levée des restrictions liées à la pandémie de coronavirus a conduit les autorités sanitaires à revoir leur politique. Dès janvier 2023, la proposition d’antibiotiques a été étendue à tous les membres de la famille d’un patient atteint d’une SGAi.
Si cette nouvelle approche a permis une réduction significative du risque de transmission intrafamiliale, les chercheurs soulignent que le danger demeure accru pour les proches. Selon une étude publiée dans JAMA Network Open, le risque pour les membres de la famille de contracter une infection à SGAi reste plus de soixante-dix fois supérieur à celui de la population générale. Cela met en évidence la nécessité de maintenir une vigilance particulière et de protéger ce groupe à risque.
Les experts du RIVM (Institut national pour la santé publique et l’environnement aux Pays-Bas) précisent que la majorité des infections à SGAi ne sont pas liées à un contact direct avec un autre patient. Par conséquent, la prévention par l’utilisation systématique d’antibiotiques n’est efficace que dans des situations spécifiques, comme au sein des familles où un cas a déjà été identifié.