Publié le 13 janvier 2026 à 04h20. L’escalade du conflit en Ukraine inquiète Washington, qui accuse Moscou d’une intensification « dangereuse et inexplicable » de ses opérations militaires, alors que des négociations de paix sont en cours sous l’égide de Donald Trump.
- Les États-Unis ont accusé la Russie d’une escalade « dangereuse et inexplicable » de la guerre en Ukraine, notamment en utilisant un missile balistique hypersonique.
- De nouvelles frappes russes ont visé Kharkiv et Kiev, faisant plusieurs victimes civiles, peu après un avertissement américain au Conseil de sécurité de l’ONU.
- Moscou rejette les accusations et impute l’impasse diplomatique à l’Ukraine, exigeant des concessions maximalistes.
Les États-Unis ont exprimé leur profonde préoccupation face à la recrudescence des hostilités en Ukraine, dénonçant une escalade « dangereuse et inexplicable » de la part de la Russie. Lundi, lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies, l’ambassadrice adjointe américaine auprès de l’ONU, Tammy Bruce, a déclaré que « l’action de la Russie risque d’étendre et d’intensifier la guerre ».
L’inquiétude américaine est particulièrement vive concernant l’utilisation par la Russie d’une arme à capacité nucléaire, le missile balistique hypersonique Oreshnik, tiré la semaine dernière. Cet armement a causé, selon les estimations, un « nombre stupéfiant de victimes » en Ukraine.
Malgré cette situation tendue, Washington souligne l’importance de poursuivre les efforts diplomatiques. Tammy Bruce a souligné que, dans un contexte où le potentiel de paix est élevé grâce à l’engagement du président Trump, les deux parties devraient rechercher des moyens de désamorcer la situation.
Cependant, les faits contredisent cet appel à la retenue. Mardi matin, la Russie a lancé une nouvelle série de frappes sur Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, tuant au moins quatre personnes et en blessant six autres. Des frappes de missiles ont également été signalées à Kiev, mais l’étendue des dégâts n’a pas encore été évaluée.
L’Ukraine avait convoqué la réunion du Conseil de sécurité suite à un bombardement massif de son territoire jeudi dernier, impliquant des centaines de drones et des dizaines de missiles, dont le missile Oreshnik. Il s’agissait de la deuxième utilisation du puissant missile Oreshnik dans un contexte de combat, un acte largement interprété comme un avertissement adressé aux alliés de Kiev au sein de l’OTAN.
Lors de la réunion de lundi, Tammy Bruce a rappelé à la Russie qu’elle avait voté en faveur d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU appelant à la fin du conflit en Ukraine il y a près d’un an. Elle a insisté sur la nécessité pour la Russie, l’Ukraine et l’Europe de rechercher sérieusement la paix et de mettre fin à ce « cauchemar ».
Moscou a reconnu l’attaque avec le missile Oreshnik, affirmant qu’elle visait une usine de réparation d’avions dans la région de Lviv, à l’ouest de l’Ukraine. La Russie justifie cette action par une tentative prétendue de l’Ukraine de frapper une résidence du président Vladimir Poutine, une allégation que Kiev et Washington ont démentie.
Cette escalade s’est produite quelques jours après que l’Ukraine et ses alliés occidentaux ont annoncé des progrès dans les négociations visant à établir un accord de défense mutuelle en cas d’agression russe. Elle coïncide également avec un refroidissement des relations entre Moscou et Washington, notamment suite à la saisie par les États-Unis d’un pétrolier battant pavillon russe dans l’Atlantique Nord, une action qualifiée de violation du droit international par le Kremlin. Le président Trump a quant à lui exprimé son soutien à des sanctions sévères contre la Russie.
Pour l’heure, Moscou n’a montré aucun signe d’ouverture à un compromis concernant l’Ukraine, notamment en ce qui concerne la reconnaissance de son annexion de territoires ukrainiens. Lors de la réunion du Conseil de sécurité, l’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia, a imputé l’impasse diplomatique à l’Ukraine, affirmant que les négociations ne pourront progresser que lorsque le président Zelenskyy « reviendra à la raison et acceptera des conditions réalistes ». Il a ajouté que chaque jour de retard ne fera qu’aggraver la situation pour Kiev.
L’ambassadeur ukrainien à l’ONU, Andrei Melnyk, a répliqué en soulignant la vulnérabilité croissante de la Russie, confrontée à un ralentissement économique et à une baisse de ses revenus pétroliers. Selon lui, la Russie tente de projeter une image de force qui ne correspond pas à la réalité.
Tôt mardi, le gouverneur régional de Kharkiv, Oleh Syniehubov, a confirmé la mort d’au moins quatre personnes et les blessures de six autres à la suite des dernières frappes russes. Le maire de Kharkiv, Ihor Terekhov, a également signalé qu’un drone russe à longue portée avait touché un établissement médical pour enfants, provoquant un incendie. À Kiev, le maire Vitali Klitschko a indiqué que les défenses aériennes étaient en état de fonctionnement après le lancement de missiles russes sur la ville.
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