Home AffairesWall Street a clôturé en hausse, mais les inquiétudes concernant l’indépendance de la Fed ont ralenti ses gains

Wall Street a clôturé en hausse, mais les inquiétudes concernant l’indépendance de la Fed ont ralenti ses gains

by Amélie Bernard

Publié le 12 janvier 2026 à 10h57. La Réserve fédérale américaine est au cœur d’une tempête politique, alors que le président Powell est confronté à des pressions inédites sur la politique monétaire, tandis que les marchés attendent avec impatience les nouvelles données sur l’inflation.

  • L’indice Dow Jones a progressé de 0,2 % à 49 590,20 points, le S&P 500 a gagné 0,2 % à 6 976,71 points et le Nasdaq a pris 0,3 % à 23 733,90 points.
  • Jerome Powell, président de la Fed, fait l’objet d’une enquête criminelle liée à son témoignage devant le Sénat, mais dénonce une tentative d’ingérence politique.
  • Janet Yellen, ancienne présidente de la Fed, met en garde contre les risques d’une influence politique sur la banque centrale.

La pression politique sur la Réserve fédérale américaine s’intensifie, au point de susciter l’inquiétude de ses anciens dirigeants. Jerome Powell a confirmé dimanche soir qu’une enquête criminelle avait été ouverte par les procureurs fédéraux concernant son témoignage devant la commission sénatoriale des banques, notamment au sujet de la rénovation des bureaux de la Fed. Il a toutefois estimé que cette enquête était probablement motivée par les appels répétés de l’administration Trump à une baisse drastique des taux d’intérêt.

Dans un communiqué, M. Powell a déclaré :

« Cette nouvelle menace ne concerne pas mon témoignage de juin dernier ni la rénovation des bâtiments de la Réserve fédérale. Il s’agit de savoir si la Fed sera capable de continuer à fixer ses taux d’intérêt sur la base de données probantes et des conditions économiques, ou si, au contraire, la politique monétaire sera motivée par des pressions politiques ou des intimidations. »

Cette prise de position est la plus directe à ce jour de la part du président de la Fed face aux pressions exercées pour une baisse des taux.

L’ancien président Donald Trump avait réclamé l’année dernière une baisse de 2 points de pourcentage (200 points de base) des taux, alors que la Fed n’a mis en œuvre qu’une baisse totale de 0,75 point de pourcentage, invoquant la nécessité de rester prudente face à une inflation persistante et aux incertitudes économiques liées à la politique commerciale de l’administration Trump.

Le mandat de Jerome Powell expire en mai, et Donald Trump a annoncé la semaine dernière qu’il était sur le point de nommer son successeur. Face à ce scénario, Janet Yellen a exprimé son inquiétude, qualifiant l’enquête sur M. Powell d’« extrêmement alarmante ». Elle craint qu’il ne s’agisse d’une tentative délibérée de le destituer afin d’exercer une influence sur la Fed et de remettre en cause son indépendance.

Données sur l’inflation et résultats des banques

Les marchés attendent avec impatience la publication, mardi, de l’indice des prix à la consommation (IPC) de décembre aux États-Unis. Les prévisions tablent sur une stabilité de l’IPC, mais une légère augmentation est attendue pour l’IPC sous-jacent. Ces données interviennent après des chiffres d’inflation de novembre inférieurs aux attentes, bien que certains analystes attribuent ce résultat aux perturbations causées par une fermeture prolongée du gouvernement à la fin de l’année 2025.

Les marchés ne s’attendent pas à un changement de taux d’intérêt de la Fed en janvier, la banque centrale ayant déjà fixé un plafond plus élevé pour les baisses de taux cette année. Outre l’IPC, les investisseurs surveilleront également l’indice des prix à la production, les données sur les ventes au détail et les déclarations de responsables de la Fed.

Cette semaine marque également le début de la saison des résultats du quatrième trimestre, avec la publication des chiffres de plusieurs grandes banques de Wall Street. JPMorgan Chase (-1,4 %) et Banque de New York Mellon (+1,3 %) publieront leurs résultats mardi, suivies par Banque d’Amérique (+1,2 %), Wells Fargo (-1 %) et Citi (-3 %) mercredi. Morgan Stanley (+0,1 %), Goldman Sachs (+1,1 %) et BlackRock (+0,3 %) dévoileront leurs chiffres plus tard dans la semaine.

Ces résultats devraient donner un aperçu de la capacité des entreprises américaines à faire face aux perturbations économiques liées à la fermeture du gouvernement et aux tensions géopolitiques. Avant la publication des résultats, le secteur financier a été mis sous pression après que Donald Trump a annoncé sur les réseaux sociaux son intention d’imposer un plafond de 10 % sur les taux d’intérêt annuels des cartes de crédit, dénonçant des taux allant jusqu’à 20 ou 30 % comme étant une « arnaque » pour les Américains.

L’or au plus haut et le pétrole stable

Les prix de l’or ont atteint de nouveaux sommets, les investisseurs recherchant un actif refuge face aux inquiétudes concernant l’escalade des troubles en Iran, la pression politique sur la Fed et la faiblesse des données sur l’emploi aux États-Unis. Le dollar américain a quant à lui reculé, tandis que les prix du pétrole se sont stabilisés après des hausses récentes, en raison des troubles civils persistants en Iran, un producteur clé au Moyen-Orient, qui menacent de perturber les approvisionnements mondiaux. Les contrats à terme sur le pétrole brut ont augmenté de plus de 3 % la semaine dernière, en raison de l’intensification des manifestations antigouvernementales, les plus importantes manifestations anticlergicales du pays depuis 2022, suscitant des craintes d’un conflit régional plus large dans cette région productrice d’énergie.

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