Publié le 2026-01-13 22:24:00. La NASA s’apprête à lancer Artemis II, une mission historique qui enverra des humains en orbite autour de la Lune pour la première fois depuis plus de cinquante ans, ouvrant une nouvelle ère de l’exploration spatiale.
Une gigantesque fusée doit quitter son bâtiment d’assemblage en Floride dès vendredi. Cette mission, Artemis II, transportera quatre astronautes – trois Américains et un Canadien – en orbite autour de la Terre, puis vers la Lune, sans toutefois prévoir d’atterrissage. L’objectif principal est de tester le vaisseau spatial Orion en conditions réelles, en préparation de futures missions d’atterrissage.
La NASA a annoncé que le lancement pourrait avoir lieu dans la nuit du 6 au 7 février, mais a précisé que cette date reste susceptible d’être modifiée. La mission durera dix jours et servira de répétition générale pour Artemis III, qui, selon les estimations optimistes de l’agence spatiale, devrait permettre à deux astronautes de fouler le sol lunaire en 2027. Cependant, ce calendrier pourrait être repoussé d’un an ou deux, en raison des défis liés au développement de l’atterrisseur lunaire, une version du Starship de SpaceX, ainsi que de la recherche d’alternatives.
La fusée, haute de 98 mètres, propulsera la capsule Orion avec son équipage en orbite terrestre, avant de l’envoyer vers la Lune pour un voyage d’environ quatre jours. Les astronautes effectueront un passage près de la face cachée de la Lune avant de revenir vers la Terre, entrant dans l’atmosphère à une vitesse d’environ 40 000 kilomètres par heure.

Cette mission représente également un test crucial pour l’Agence spatiale européenne (ASE), qui a fourni un élément essentiel : le module de service, responsable de l’alimentation en oxygène, en eau, en chaleur et en électricité de la capsule Orion, ainsi que de sa propulsion. Les vastes panneaux solaires, indispensables au fonctionnement du module, ont été fabriqués par Airbus Defence & Space à Leiden.
Artemis II présente de nombreuses similitudes avec la mission Apollo 8 de 1968, qui avait également survolé la Lune sans s’y poser. De nombreux aspects du vol rappelleront l’ère Apollo, notamment le “roulage” de la fusée vers la rampe de lancement, prévu vendredi.
Ce déplacement, qui peut prendre jusqu’à douze heures, verra la fusée de 8 200 tonnes progresser lentement sur une chenille mobile depuis le Vehicle Assembly Building (VAB), le grand bâtiment d’assemblage du Kennedy Space Center, jusqu’à son point de départ. Le VAB et la chenille datent de l’ère Apollo et de la navette spatiale, bien qu’ils aient été modernisés.
La NASA dispose d’un total de seize fenêtres de lancement de 120 minutes chacune, s’étendant jusqu’en avril, pendant lesquelles le décollage peut être effectué. La plupart de ces opportunités se présenteront pendant la nuit en Europe.
La mission est également motivée par une compétition avec la Chine, qui prévoit un alunissage d’ici 2030. La NASA et de nombreux responsables politiques américains insistent sur la nécessité de devancer la Chine dans cette course à l’espace. L’avenir des missions lunaires au-delà d’Artemis III reste incertain, car l’administration Trump avait envisagé de réduire les financements, une décision pour l’instant bloquée par le Congrès.

Le vol d’Artemis II est avant tout destiné à tester en profondeur la capsule Orion, qui a déjà effectué deux vols spatiaux sans équipage. Lors du dernier test, en novembre 2022, Orion avait également fait le tour de la Lune, mais il avait été constaté que le bouclier thermique avait subi des dommages plus importants que prévu. La température à l’entrée dans l’atmosphère terrestre atteint plus de 2 700 degrés Celsius. Des améliorations ont été apportées au processus de fabrication du bouclier thermique, mais la NASA assure qu’il était suffisamment sûr même lors du vol de 2022.
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