Publié le 14 janvier 2026 05:04:00. Face à la contestation sociale, les autorités iraniennes ont coupé l’accès à Internet et traquent les utilisateurs de systèmes de communication alternatifs, comme le réseau satellite Starlink, pour empêcher la diffusion d’images et d’informations sur les manifestations.
- L’Iran a coupé l’accès à Internet, y compris les connexions téléphoniques, pour entraver la communication entre les manifestants.
- Les autorités iraniennes cherchent activement à identifier et à neutraliser les utilisateurs de Starlink, un service d’accès à Internet par satellite.
- Les États-Unis envisagent des mesures pour rétablir l’accès à Internet en Iran, tandis que Téhéran accuse Washington de chercher un prétexte pour une intervention militaire.
Dans un contexte de tensions croissantes, l’Iran a intensifié sa répression contre les manifestations en coupant l’accès à Internet pour la quasi-totalité de ses 90 millions d’habitants. Cette mesure vise à empêcher la diffusion d’informations sur les protestations et les actions des forces de sécurité, mais elle est contournée par certains grâce à des technologies alternatives.
Selon le Wall Street Journal, les autorités iraniennes traquent activement les utilisateurs de Starlink, un service d’Internet par satellite proposé par la société américaine SpaceX, fondée par Elon Musk. Les vidéos prises dans les rues sont devenues un moyen crucial pour diffuser des informations sur l’ampleur des protestations et les actions des autorités.
L’organisation Netblocks a souligné que plusieurs solutions permettent de contourner le blocage d’Internet : la radio à ondes courtes, une connexion de téléphonie mobile près de la frontière, le réseau satellite Starlink et les téléphones satellites. Cependant, l’accès à Starlink en Iran est difficile, car les terminaux nécessaires sont illégaux et doivent être introduits clandestinement, notamment par voie maritime depuis Dubaï ou depuis le Kurdistan irakien.
« C’est de la guerre électronique. »
Amir Rashidi, directeur des droits et de la sécurité numériques du Miaan Group
Un utilisateur de Starlink à Téhéran a témoigné auprès du Wall Street Journal avoir transmis des vidéos de protestation à des contacts à l’étranger, qui les ont ensuite diffusées sur les réseaux sociaux. Les autorités iraniennes ont intensifié leurs efforts pour identifier ces utilisateurs et bloquer le service.
L’ancien président américain Donald Trump a annoncé qu’il interrogerait Elon Musk sur la possibilité de fournir davantage de terminaux Starlink à l’Iran. Il a déclaré qu’il pourrait ainsi « remettre Internet en marche ». Des sources au sein de SpaceX ont confirmé à Bloomberg que l’accès à Starlink en Iran serait fourni gratuitement, bien qu’aucune confirmation officielle n’ait été émise.
Le gouvernement iranien accuse les États-Unis de chercher à créer un prétexte pour une intervention militaire. L’ambassade iranienne auprès de l’ONU a déclaré sur X (anciennement Twitter) que la politique américaine envers Téhéran était basée sur un « changement de régime » et utilisait des « sanctions, des menaces, des troubles et un chaos artificiellement fomentés ». Trump a également menacé d’une « action décisive » en cas d’exécutions de manifestants.
Sur le plan technique, couper l’accès à Internet est complexe, car le réseau a été conçu pour être décentralisé. Cependant, en Iran, l’État contrôle intégralement l’infrastructure de télécommunications. Selon Markus Seme, consultant en sécurité informatique chez Bearing Point, le blocage est mis en œuvre au niveau des huit à dix câbles à fibres optiques reliant le pays au reste du monde, en bloquant certaines adresses Web sans couper physiquement les lignes.
Seme estime que Starlink ne peut pas offrir une solution globale, car il nécessite l’introduction de matériel interdit dans le pays et ne peut bénéficier qu’à un nombre limité de personnes.




Régime iranien
Depuis la révolution iranienne de 1979, menée par l’ayatollah Ruhollah Khomeini, le pays est gouverné de manière autoritaire sur la base d’une constitution chiite. Ali Khamenei est le chef spirituel suprême et donc de facto chef de l’État depuis 1989.
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