Une nouvelle variante de la grippe, baptisée « super grippe » par certains, suscite la vigilance en Asie. Les autorités sanitaires signalent une augmentation des cas de la sous-clade K du H3N2, notamment aux Philippines et en Indonésie, tout en appelant à la prudence et à la vaccination.
Aux Philippines, 77 cas de la sous-clade K du H3N2 ont été confirmés entre janvier et novembre 2025, représentant 84 % des 92 cas de grippe A(H3N2) séquencés dans le pays. La région de la capitale nationale (RCN) est la plus touchée, avec 23 cas recensés. Malgré cette augmentation, les autorités sanitaires philippines se veulent rassurantes, soulignant que la plupart des patients se sont rétablis et qu’aucun décès n’a été signalé à ce stade.
En Indonésie, l’alerte est également de mise. Soixante-deux cas ont été confirmés entre août et décembre 2025 dans huit provinces, avec des concentrations particulièrement élevées à Java Est, Kalimantan Sud et Java Ouest. Le pays a malheureusement enregistré son premier décès lié à cette sous-clade dans un hôpital de Bandung, ce qui renforce la nécessité d’une surveillance accrue.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) suit de près l’évolution de la situation. Dans son bulletin d’information sur les épidémies de début janvier 2025, l’OMS a mis en évidence une augmentation générale des infections respiratoires aiguës en Asie, incluant la grippe saisonnière, le virus respiratoire syncytial, le métapneumovirus humain (hMPV) et Mycoplasma pneumoniae. L’OMS précise que la sous-clade K est une mutation du sous-type A de la grippe, et non une nouvelle maladie.
Les experts en maladies infectieuses, comme le Dr Rontgene Solante, insistent sur l’importance de la vaccination, en particulier pour les personnes âgées et celles souffrant de comorbidités. « Il est crucial que le public se procure des vaccins contre la grippe à jour afin d’améliorer la protection », a-t-il déclaré, précisant que les vaccins devraient être disponibles en février ou mars.
L’OMS recommande également des mesures préventives simples mais efficaces, telles que le port de masques dans les lieux fréquentés ou mal ventilés, le lavage fréquent des mains, le fait de couvrir la toux et les éternuements, et l’isolement des personnes présentant des symptômes légers. Les personnes souffrant de symptômes graves doivent consulter rapidement un médecin.
Bien que les experts soulignent que la sous-clade K pourrait être plus agressive en raison de mutations susceptibles d’entraîner des complications graves affectant le cœur et le cerveau, l’évaluation des risques de l’OMS, au 10 décembre 2025, n’a pas révélé d’augmentation de la gravité des cas.