Home SantéDes chercheurs étudient le boom du coaching pour le TDAH – UW Medicine

Des chercheurs étudient le boom du coaching pour le TDAH – UW Medicine

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 10:30:00. Face à une demande croissante, de plus en plus de personnes atteintes de trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) se tournent vers des coachs spécialisés. Une étude récente met en lumière le profil de ces accompagnateurs, souvent eux-mêmes concernés par le trouble, et soulève des questions sur la régulation de cette pratique en plein essor.

  • Une majorité de coachs TDAH sont eux-mêmes atteints du trouble, ce qui peut offrir une forme de validation et de compréhension unique aux patients.
  • Le coaching TDAH s’est développé en parallèle d’une difficulté d’accès aux soins traditionnels, notamment pendant la pandémie de COVID-19.
  • L’absence de formation standardisée et de cadre légal pour exercer le coaching TDAH pose des questions de sécurité et d’efficacité.

Le recours au coaching pour le TDAH est en forte progression. Cette tendance s’est accélérée ces dernières années, notamment avec les difficultés d’accès aux traitements médicamenteux et aux psychologues spécialisés, particulièrement pendant la pandémie de COVID-19. Parallèlement, des témoignages positifs sur les réseaux sociaux ont contribué à populariser cette approche. Le coaching TDAH est désormais intégré aux lignes directrices pour le traitement du TDAH en Australie.

C’est dans ce contexte que Maggie Sibley, professeure de psychiatrie et de sciences du comportement à la faculté de médecine de l’Université de Washington, et Tamara Rosier, ancienne présidente de l’Organisation des coachs TDAH, ont décidé de mener une enquête approfondie. « Comment pouvons-nous entamer une conversation à ce sujet sans aucune information systémique collectée sur qui sont réellement les coachs et ce qu’ils font ? », se souvient Maggie Sibley.

L’étude, publiée dans JAMA Network Open, révèle que la grande majorité des personnes proposant des services de coaching TDAH sont elles-mêmes atteintes du trouble. Selon les chercheurs, cette expérience partagée peut être un atout majeur pour les patients, offrant une validation émotionnelle et une compréhension intuitive de leurs difficultés.

« La validation émotionnelle de la connexion avec une personne qui a marché à votre place est puissante. »

Maggie Sibley, professeure de psychiatrie et de sciences du comportement à la faculté de médecine de l’Université de Washington

Les services proposés par les coachs TDAH sont similaires à ceux des psychologues, allant de l’accompagnement dans l’organisation quotidienne à la gestion des émotions. Ils facturent des honoraires comparables, avec un tarif horaire médian de 150 $ (environ 140 €), mais se positionnent en dehors du système de santé traditionnel et leurs prestations ne sont pas remboursées par les assurances.

« Ils se placent carrément en dehors des structures et des systèmes de santé », explique Maggie Sibley. Contrairement aux psychologues, qui doivent justifier d’un long cursus universitaire et d’une certification, il n’existe aucune formation obligatoire ni aucun diplôme pour exercer le coaching TDAH. L’absence de normes, de surveillance et d’assurance responsabilité professionnelle représente un risque tant pour les coachs que pour leurs clients, souligne l’étude.

Maggie Sibley estime que le coaching TDAH est une opportunité à saisir pour améliorer l’accès aux soins pour les personnes concernées. Elle appelle toutefois les professionnels du secteur à réfléchir à l’avenir de leur profession : soit se maintenir en dehors du cadre de la santé et clarifier leurs limites, soit développer une formation standardisée et un cadre légal, à l’image de ce qui existe pour d’autres professions paramédicales comme les assistants médicaux ou les pairs conseillers en toxicomanie.

« Cette main-d’œuvre est très intéressée à aider les autres, et elle ne va pas disparaître. »

Maggie Sibley, professeure de psychiatrie et de sciences du comportement à la faculté de médecine de l’Université de Washington

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