Publié le 15 janvier 2026 17h12. Les personnes rousses, souvent plus sensibles aux effets du soleil, pourraient voir leur pigmentation rousse comme une stratégie de protection inattendue contre la toxicité d’un excès d’un acide aminé, selon une récente étude.
Les individus aux cheveux roux et à la peau claire présentent un risque accru de développer un mélanome, la forme la plus agressive de cancer de la peau. Cette vulnérabilité est traditionnellement attribuée à l’incapacité de la phéomélanine, le pigment responsable de la couleur rousse, à protéger efficacement contre les rayons ultraviolets, contrairement à l’eumélanine, qui donne des teintes brunes ou noires.
Cependant, une équipe de chercheurs espagnols du Musée national des sciences naturelles (MNCN-CSIC) a découvert que la phéomélanine ne serait pas simplement un défaut de protection solaire. L’étude révèle que ce pigment possède une fonction physiologique jusqu’alors inconnue.
Selon les chercheurs, la phéomélanine jouerait un rôle crucial dans la protection de l’organisme contre l’oxydation en consommant un excès de cystéine, un acide aminé qui, en grande quantité, peut s’avérer toxique pour les cellules. Bien que la cystéine soit essentielle à la synthèse des protéines et donc à la vie, son accumulation, notamment via l’alimentation, peut induire un stress oxydatif important, endommageant l’ADN et accélérant le vieillissement des tissus.
L’étude, menée par Ismael Galván, Marina García-Guerra et Marta Araujo-Roque et récemment publiée dans Nexus PNAS, démontre que les personnes rousses utilisent la production de phéomélanine comme un mécanisme de sécurité. L’excès de cystéine est ainsi transformé en un pigment inerte, stocké dans les cheveux ou la peau, permettant à l’organisme de se débarrasser de sa toxicité. En d’autres termes, le corps convertit une substance potentiellement nocive en couleur.
« Ces résultats représentent la première démonstration expérimentale d’une fonction physiologique de la phéomélanine : éviter la toxicité d’un excès de cystéine. »
Auteurs de l’étude
Il est important de noter que le gène responsable des cheveux roux, une variante du MC1R, est très ancien et a été hérité directement des Néandertaliens.
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