Home Affaires3 FNB énergétiques canadiens à surveiller après le changement de régime au Venezuela

3 FNB énergétiques canadiens à surveiller après le changement de régime au Venezuela

by Amélie Bernard

L’intervention américaine au Venezuela, qui a abouti à l’arrestation de Nicolás Maduro et à la promesse d’une transition sous supervision américaine, a provoqué des réactions contrastées sur les marchés financiers. Si le secteur énergétique américain a affiché un optimisme immédiat, les entreprises canadiennes du même secteur ont connu des baisses significatives, soulevant des questions sur l’avenir de l’approvisionnement en pétrole et les stratégies d’investissement.

L’administration américaine a présenté cette action comme une application moderne de la doctrine Monroe, ouvrant la voie à une possible exploitation accrue des vastes réserves pétrolières vénézuéliennes. Les marchés, réagissant rapidement à cette nouvelle donne géopolitique, ont vu les ETF énergétiques américains bondir, anticipant une demande accrue en expertise, en équipements et en capitaux pour la reconstruction du secteur énergétique vénézuélien.

Cependant, à la Bourse de Toronto, le tableau était bien différent. Les actions de grandes entreprises du secteur énergétique canadien, notamment Canadian Natural Resources (CNQ), Suncor Energy (SU) et Cenovus Energy (CVE), ont subi des ventes massives. Le Canada, qui exporte la majeure partie de son pétrole brut vers les États-Unis, craint une concurrence accrue et une pression à la baisse sur les prix si le Venezuela parvient à augmenter rapidement sa production sous contrôle américain.

Malgré cette incertitude, les analystes soulignent que les fondamentaux des producteurs d’énergie canadiens restent solides. Les bilans sont sains, les flux de trésorerie disponibles restent importants et la discipline en matière de dépenses d’investissement est toujours de mise. Cette situation pourrait donc représenter une opportunité d’achat pour les investisseurs, qui bénéficient actuellement d’une décote sur les actions canadiennes.

Voici un aperçu de trois fonds négociés en bourse (FNB) énergétiques canadiens à surveiller de près :

iShares S&P/TSX Capped Energy Index ETF (XEG)

Lancé en mars 2001, XEG est le FNB énergétique canadien le plus ancien et le plus important, avec environ 1,57 milliard de dollars canadiens d’actifs sous gestion. Il suit l’indice plafonné de l’énergie S&P/TSX, qui comprend 27 sociétés énergétiques canadiennes pondérées en fonction de leur capitalisation boursière, avec un plafond de 25 % pour chaque titre. En pratique, CNQ et SU dominent le portefeuille, avec des pondérations respectives de 25,22 % et 24,10 %, tandis que CVE représente 10,60 %. Le poids relativement faible attribué à Imperial Oil (IMO), malgré sa grande capitalisation, s’explique par la méthodologie de l’indice, qui tient compte du pourcentage d’actions disponibles pour les investisseurs publics, Exxon Mobil détenant une part importante de l’entreprise.

XEG offre une exposition directe aux prix du pétrole canadien et affiche un rendement de 3,63 % sur les 12 derniers mois. Son ratio de frais de gestion de 0,60 % est cependant considéré comme élevé pour un ETF indiciel simple.

X Global Equal Weight Canadian Oil & Gas Index ETF (NRGY)

NRGY propose une approche différente en pondérant de manière égale les principales entreprises canadiennes du secteur de l’énergie, évitant ainsi la concentration observée dans XEG. Il inclut des sociétés telles que CVE, WCP, TRP et TOU, ainsi qu’une allocation significative aux entreprises du secteur intermédiaire, notamment les opérateurs de pipelines comme TRP, KEY, PPL et ENB. Cette diversification peut atténuer les fluctuations liées aux prix du pétrole et offrir une certaine protection en cas de baisse des cours. NRGY verse des distributions mensuelles, avec un rendement comparable à celui de XEG (environ 3,65 %), et affiche un ratio de frais de gestion plus faible de 0,40 %.

Ninepoint Energy Fund (NNRG)

Pour les investisseurs à la recherche d’une gestion active, NNRG est une option intéressante. Géré par Eric Nuttall, analyste et gestionnaire de portefeuille reconnu, ce fonds n’est pas contraint par un indice et construit son portefeuille en fonction d’une analyse approfondie du secteur et des entreprises. Il se concentre sur les producteurs de taille moyenne et petite, tels que PEY, TVE, TPZ et ATH, où la sélection active de titres peut avoir un impact plus important. NNRG a également la flexibilité d’investir dans des titres énergétiques américains. Cependant, cette approche active a un coût : des frais de gestion de base de 1,50 %, plus des frais de performance de 10 % sur les rendements supérieurs à l’indice de référence. NNRG est donc plus adapté aux investisseurs expérimentés qui croient en la capacité du gestionnaire à générer de l’alpha.

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