Publié le 17 janvier 2026 à 07h11. Le programme spatial chinois a connu une journée noire ce jeudi, avec l’échec de deux lancements de fusées distincts, soulevant des questions sur la fiabilité de ses technologies et ravivant des superstitions au sein de l’armée.
- La fusée Longue Marche 3B a subi une anomalie peu après son décollage, compromettant sa mission.
- Le premier vol d’essai du lanceur commercial privé Ceres 2 s’est également soldé par un échec.
- Des sources internes à l’armée chinoise évoquent un regain d’intérêt pour le « feng shui » afin d’expliquer ces revers.
L’agence de presse officielle Xinhua a confirmé les deux échecs. Le lancement de la Longue Marche 3B, opéré depuis le Centre de lancement de satellites de Xichang à 0h55, a rencontré des difficultés dont les causes sont actuellement analysées. Quelques heures plus tard, à 12h08, le lanceur Ceres 2, décollant du centre de lancement de Jiuquan, a également connu une trajectoire anormale, mettant fin à sa mission d’essai.
La Longue Marche 3B est un lanceur à propergol liquide de taille moyenne, développé par la Première Académie des sciences et technologies aérospatiales de Chine. Sa configuration à trois étages est principalement utilisée pour placer des satellites en orbite haute, mais aussi en orbite moyenne et dans l’espace lointain. Ce type de lanceur est particulièrement prisé par le gouvernement chinois pour ses missions spatiales importantes.
Ces échecs interviennent après une série de difficultés rencontrées par le programme spatial chinois ces dernières semaines. Le 23 décembre dernier, le premier lanceur réutilisable développé par la Chine, la Longue Marche 12A, avait échoué à récupérer son premier étage lors d’un test. Le 3 décembre, une combustion anormale avait empêché la fusée Suzaku-3 Yaoyi de Blue Arrow Aerospace d’effectuer un atterrissage en douceur après la séparation du premier étage. En novembre dernier, la société privée Tianbing Technology avait également vu son lanceur Ceres-1 échouer à placer un satellite sur l’orbite prévue.
Face à cette accumulation de problèmes, des discussions sur le rôle du « feng shui » ont refait surface au sein de l’armée chinoise, selon des sources proches du programme spatial.
« De nombreuses missions l’année dernière n’ont pas répondu aux attentes, ce qui a attisé les discussions internes entre l’armée et le système aérospatial. Certaines personnes ont attribué la raison au fait de ne pas demander une évaluation à un expert en Feng Shui comme d’habitude. »
Source interne à l’armée chinoise
Il est rapporté que, avant l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, des maîtres du « feng shui » étaient régulièrement consultés avant chaque lancement, afin de vérifier l’emplacement des équipements et d’organiser de courtes cérémonies.
« Pour les deux récents échecs de fusées, certaines personnes ont associé la raison au fait de ne pas embaucher de maître Feng Shui comme d’habitude. Cette affirmation n’a aucune base scientifique, mais certaines personnes la soulèvent encore dans le système. »
Proche de l’armée chinoise
Une anecdote datant de 1996 est également évoquée : un maître du « feng shui » avait mis en garde contre le lancement de la Longue Marche 3B, prédisant un « présage de sang », mais les responsables avaient maintenu leur décision, ce qui avait finalement conduit à un accident.
Outre les considérations liées au « feng shui », des facteurs tels que les luttes de pouvoir internes et les contraintes budgétaires seraient également à l’origine de ces difficultés, selon des experts du secteur aérospatial.
Rédacteur en chef : Ning Feng