Publié le 18 janvier 2024. Michael Saylor, figure emblématique du monde de la cryptomonnaie, défend l’intégration du Bitcoin dans les bilans des entreprises, estimant que cette stratégie est loin d’être une simple spéculation risquée et qu’elle peut même s’avérer plus judicieuse que les placements traditionnels.
- Selon Saylor, l’allocation de fonds au Bitcoin n’est pas fondamentalement différente de la détention de liquidités, d’obligations ou d’autres actifs à long terme.
- Il soutient que les entreprises, même celles en difficulté financière, peuvent légitimement détenir du Bitcoin si la valeur de cet actif compense leurs pertes.
- Saylor dénonce un « double standard » dans l’évaluation des risques, les entreprises investissant dans le Bitcoin étant soumises à un examen beaucoup plus rigoureux que celles qui suivent des stratégies traditionnelles.
Dans une interview accordée au podcast What Bitcoin Did, Michael Saylor, président exécutif de Strategy, a exposé sa vision sur l’inclusion du Bitcoin dans les bilans des entreprises. Il réfute l’idée que cette démarche relève uniquement de la spéculation à haut risque, une critique fréquemment adressée à cette pratique.
Saylor estime que le débat autour du Bitcoin en entreprise est souvent biaisé dès le départ, reposant davantage sur des considérations idéologiques ou des anticipations de fluctuations de prix que sur une analyse rationnelle. Il explique que l’investissement dans le Bitcoin s’apparente à une simple « allocation de fonds », comparable à la décision de conserver des liquidités, d’acquérir des obligations ou d’autres actifs à long terme.
Il souligne que les entreprises disposant d’importantes réserves de trésorerie prennent déjà des risques, que ce soit en conservant des liquidités dévaluées par l’inflation ou en investissant dans des obligations à faible rendement. Choisir d’investir dans le Bitcoin revient donc, selon lui, à évaluer quels actifs ont le plus de potentiel pour préserver leur valeur et générer des rendements sur le long terme, une alternative aux rachats d’actions ou à la simple accumulation de liquidités.
Quelle que soit leur taille ou leur secteur d’activité, l’objectif premier d’une entreprise reste la préservation de son capital, affirme Saylor, que ce soit en détenant une grande ou une petite quantité de Bitcoin.
Les entreprises déficitaires peuvent détenir du Bitcoin
Saylor rejette l’idée selon laquelle seules les entreprises rentables devraient être autorisées à détenir du Bitcoin. Il insiste sur la nécessité d’évaluer la santé financière d’une entreprise en se basant sur l’ensemble de son bilan, et non uniquement sur ses résultats trimestriels.
Il avance que si la valeur des avoirs en Bitcoin augmentait plus rapidement que les pertes de l’entreprise, celle-ci pourrait toujours créer de la valeur nette, un argument comparable à celui utilisé pour justifier les rachats d’actions, qui peuvent parfois affaiblir la situation financière d’une entreprise en réduisant ses capitaux propres sans résoudre les problèmes structurels.
Le Bitcoin, selon Saylor, est un actif externe, indépendant des risques opérationnels, des tendances sectorielles ou de l’efficacité de la gestion. Il peut ainsi permettre de redresser la situation d’une entreprise lorsque les stratégies traditionnelles atteignent leurs limites.
Les entreprises qui détiennent du Bitcoin sont soumises à un examen strict
Saylor dénonce également un « double standard » dans le traitement des entreprises investissant dans le Bitcoin. Les entreprises qui ne s’aventurent pas dans cet actif sont rarement remises en question, tandis que celles qui le font sont soumises à un examen minutieux, en particulier en période de ralentissement économique. Il estime que cette situation fausse l’évaluation réelle des risques.
Alors que l’adoption du Bitcoin par les entreprises devrait continuer de croître d’ici à 2025, même si les avoirs resteront concentrés entre les mains d’un nombre limité d’acteurs, le concept de « trésorerie Bitcoin » est en train de s’imposer.
En conclusion, Saylor ne prône pas une adoption généralisée du Bitcoin par toutes les entreprises, mais il appelle les responsables financiers à remettre en question les limites des systèmes traditionnels de gestion de trésorerie. Dans un contexte où la valeur de la monnaie fiduciaire diminue continuellement, ne pas explorer de nouvelles options, comme le Bitcoin, représente, selon lui, un risque plus important.
Source: Coindoo
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