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Le préavis de grève dans les écoles prolongé jusqu’au 10 juillet : « Les profs sont prêts à aller au finish

by Nicolas Lefèvre
L'austérité scolaire : 1 500 emplois et la fin de la gratuité

Les syndicats de l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles ont prolongé leur préavis de grève jusqu’au 10 juillet 2026, ce vendredi 22 mai. Cette décision fait suite à un nouveau report du vote sur les mesures d’économies budgétaires, alors que les tensions montent entre le gouvernement MR-Engagés et un corps enseignant soutenu par des mobilisations étudiantes.

Le bras de fer politique s’est intensifié au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Initialement prévu pour le 27 mai, le vote sur le décret-programme a été retardé par l’opposition de gauche. Le PS, le PTB et Ecolo ont déposé deux nouveaux amendements soumis au Conseil d’État, portant respectivement sur les chargés de missions et l’impact des coupes dans la recherche. Selon RTL info, ce vote ne devrait désormais intervenir qu’au début du mois de juin, à moins que le président de l’assemblée ne demande une procédure d’urgence pour réduire le délai de réponse du Conseil d’État à cinq jours ouvrables.

Pour les syndicats, ce délai n’est pas une opportunité de dialogue, mais un simple sursis avant un affrontement inévitable. Martin Casier, chef du groupe PS, a été clair : « Les profs sont prêts à aller au finish ».

L’austérité scolaire : 1 500 emplois et la fin de la gratuité

Le cœur du conflit réside dans un plan d’économies jugé brutal par les acteurs de terrain. Les critiques, relayées notamment par La Libre, dénoncent une politique qui fragilise les fondements mêmes de l’école publique. Parmi les mesures les plus contestées figurent la suppression de 1 500 emplois enseignants et une augmentation de la charge de travail de 10 % pour les professeurs du secondaire supérieur, sans compensation salariale.

L'austérité scolaire : 1 500 emplois et la fin de la gratuité
cluster (priority): RTL Info
L'austérité scolaire : 1 500 emplois et la fin de la gratuité
cluster (priority): RTBF

L’impact financier s’étend également aux familles. Le gouvernement prévoit la fin de la gratuité du matériel et des repas scolaires dans le primaire, ainsi qu’une hausse du minerval, qui pourrait atteindre 1 200 euros pour certains élèves. Cette pression financière fait craindre aux étudiants, notamment ceux en cinquième et en rhétorique, de ne plus pouvoir poursuivre leurs études.

“Un enseignant sur cinq est payé par de l’emprunt.

Cette situation crée un paradoxe alarmant : alors que le secteur souffre déjà d’une pénurie de personnel, le gouvernement réduit les effectifs. Pour certains enseignants, le système actuel est devenu dysfonctionnel, allant jusqu’à affirmer que « L’école forme plus vite à remplir des formulaires de chômage qu’à travailler ».

Le cap budgétaire de la Fédération à l’horizon 2029

Face à cette colère, la ministre-présidente Elisabeth Degryse défend une stratégie de stabilisation financière. Interrogée par RTBF, elle a précisé que le gouvernement ne visait pas un équilibre budgétaire immédiat, mais une réduction progressive du déficit.

Grève interprofessionnelle : perturbations à prévoir dans les écoles

La trajectoire financière se décline ainsi :

  • Déficit actuel : 1,6 milliard d’euros.
  • Objectif 2029 : Ramener le déficit à 1,2 milliard d’euros.
  • Charge des intérêts : Passage de 350 millions d’euros par an actuellement à plus de 600 millions d’euros d’ici 2029.

La ministre-présidente insiste sur le fait que les mesures actuelles constituent un « ajustement technique » et qu’il n’est pas prévu de nouvelles économies ni de nouvelles politiques pour le moment. Elle rejette l’idée de pertes sèches d’emplois, tout en admettant que des réaffectations de personnel seront inévitables.

Mobilisations à Liège : quand les élèves rejoignent le front

La contestation a pris une dimension symbolique et générationnelle forte, particulièrement à Liège. Le 22 mai, une manifestation estudiantine a rassemblé environ 700 participants dans l’hyper-centre, selon les chiffres de la police. Ce soutien des jeunes envers leurs professeurs marque un tournant dans le conflit, transformant une lutte syndicale en un mouvement social plus large.

Mobilisations à Liège : quand les élèves rejoignent le front
cluster (priority): La Libre.be

À l’Athénée Royal Charles Rogier de Liège, la protestation a pris des formes créatives pour dénoncer les mesures antisociales. Comme le rapporte RTL Info, les enseignants ont dressé un mur de cagettes et organisé un concert pour interpréter The Wall de Pink Floyd, illustrant physiquement et musicalement la rupture entre le gouvernement et le corps enseignant.

Pour certains enseignants précaires, l’enjeu est existentiel. Certains, n’ayant pas encore une tâche garantie en raison de leur courte ancienneté, risquent directement de perdre leur emploi avec les coupes annoncées. Au-delà du risque individuel, c’est la qualité de l’enseignement qui est pointée du doigt, avec des classes de français pouvant se retrouver avec deux ou trois professeurs différents.

Une crise de légitimité pour le gouvernement MR-Engagés

Le climat social est désormais si dégradé que certains syndicats remettent en cause la capacité du gouvernement à diriger. Dans un communiqué publié par la CSC-Enseignement, Roland Lahaye a dénoncé un déni de la part des ministres Glatigny et Degryse, les accusant de s’obstiner dans un bras de fer idéologique.

Le syndicat appelle à poursuivre la lutte par des actions locales et régionales au-delà du 27 mai, affirmant que l’apaisement ne pourra venir que d’un retrait total des décisions budgétaires et d’un retour à une véritable concertation. Le ton est devenu sans équivoque : sans ce recul, la CSC-Enseignement estime que le gouvernement n’a plus aucune légitimité et que ses ministres devraient s’effacer.

L’extension du préavis de grève jusqu’au 10 juillet place la Fédération Wallonie-Bruxelles dans une impasse. Entre une trajectoire financière rigide visant 2029 et un terrain scolaire en état de révolte, le gouvernement MR-Engagés se retrouve face à un choix : maintenir son cap budgétaire au risque de paralyser l’école durant l’été, ou rouvrir des négociations qu’il jugeait jusqu’ici closes.

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