Marqué par un recul inédit des Démocrates de Suède, le scrutin laisse présager une formation de gouvernement complexe.
Selon les sondages de sortie des urnes diffusés par la télévision publique SVT à la fermeture des bureaux à 20h GMT (18h GMT), la gauche est créditée de 51,3 % des suffrages, tandis que la coalition sortante associant la droite et l’extrême droite recueille 46,8 % des voix (un autre sondage publié pour la chaîne TV4 donne la gauche à 51,3% et la coalition gouvernementale sortante à 47%), d’après les chiffres relayés par la presse.
Le recul inattendu des Démocrates de Suède au Riksdag
La principale surprise de ce scrutin réside dans la baisse de régime de la formation nationaliste des Démocrates de Suède (SD).
Face à ces estimations préliminaires, la députée SD Julia Kronlid a exprimé sa modération face aux journalistes de l’AFP : Bien sûr, c’est un peu décevant de ne plus être le deuxième plus grand parti dans ces sondages. Mais ce n’est pas encore terminé, cela peut encore changer. Lors de la dernière élection, ça a changé tard dans la nuit
.
Magdalena Andersson et la configuration du bloc de gauche
Portée par une campagne axée sur les questions de pouvoir d’achat et de santé, l’ancienne cheffe du gouvernement Magdalena Andersson cette quinquagénaire espère retrouver les responsabilités qu’elle a quittées en 2022. Ses partisans réunis au QG de campagne des sociaux-démocrates ont célébré les premières tendances à leur QG de campagne au son de slogans hostiles à l’extrême droite, scandant pas de racistes dans nos rues
tandis que, selon l’AFP, certains partisans comme Magnus Bjerg Sturm ont commencé à s’enlacer tout sourire en buvant leur coupe de champagne ou une bière. La participation de personnalités culturelles majeures, à l’instar de Benny Andersson du groupe ABBA revisitant le titre Mamma Mia
depuis le siège du Parti social-démocrate, face aux applaudissements de la foule en s’écriant Mag-da-le-na!
, a souligné la mobilisation de la gauche.

Cependant, l’architecture parlementaire s’annonce ardue. Les divergences profondes entre le Parti du Centre et le Parti de gauche menacent toutefois de complexifier la construction d’un exécutif stable car le Parti du Centre a indiqué qu’il ne souhaitait pas entrer au gouvernement avec le Parti de gauche.
Ulf Kristersson et l’incertitude institutionnelle à Stockholm
De son côté, le Premier ministre de droite Ulf Kristersson refuse d’acter immédiatement sa défaite. L’homme politique de 62 ans avait axé sa fin de mandat sur la fermeté sécuritaire et la lutte contre la criminalité organisée, affirmant vouloir rendre à la Suède sa grandeur
dans une référence assumée au lexique politique américain.

Alors que le résultat définitif ne sera connu que le mercredi suivant après le comptage des votes par correspondance et des bulletins de l’étranger par les commissions électorales locales, le dirigeant conservateur a annoncé son intention d’analyser l’ensemble des combinaisons possibles au vu du caractère serré du scrutin en déclarant qu’il y a une majorité non socialiste ou non dominée par la gauche très claire au parlement suédois et qu’il prendrait note de cela pour voir s’il y a des possibilités.
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